«Nombreux sont les salariés qui attendent qu’on vienne les voir en disant ‘il y a une opportunité, veux-tu te positionner ?’ Mais c’est le salarié qui est au cœur de son projet professionnel, s’exclame Pierre Audierne, DRH et cofondateur du podcast Ça vient des RH. Il doit en être le promoteur et ne pas attendre que cela vienne de la RH, qui a 200 autres collaborateurs à gérer ou de son manager, qui a souvent la tête dans le guidon».

Faut-il attendre son entretien professionnel pour prendre l'initiative et discuter de son évolution ? Mauvaise idée, selon le DRH. Cet entretien, qui avait lieu tous les deux ans, devenu avec la réforme entrée en vigueur le 26 octobre 2025, un entretien de parcours professionnel, aura désormais lieu tous les quatre ans. «Quatre ans, c’est énorme aujourd’hui, lance Pierre Audierne, sur une temporalité qui est devenue plus courte en entreprise».

Préparer sa demande d’évolution

Envie d’évoluer ? Préparez-vous. «Il s’agit de prouver vos capacités, de montrer votre plus-value depuis votre arrivée dans l’entreprise de façon structurée, de prouver que vous pouvez vous intégrer facilement dans de nouveaux projets. C’est un travail à réaliser tout au long de l’année». Qui dit évolution, ne dit pas forcément montée dans l’organigramme. «Le côté manager est davantage valorisé que le côté expert aujourd’hui mais on peut aussi évoluer horizontalement. Si on veut agrandir son expertise, on peut se construire autour d’une technique qu’on sera peut-être le ou la seul(e) à maîtriser.»

Autre clé : montrer comment on conçoit le poste visé, «présenter un récapitulatif de ce qu’on a fait tout en se projetant sur un business case, par exemple, pour montrer comment on ferait dans un autre poste. L’entreprise pourra dire qu’il y a des ajustements à faire mais elle verra que le salarié se projette dans l’entreprise, dans sa stratégie, dans l’augmentation du chiffre d’affaires.» Une bonne pratique : être curieux et échanger avec des collègues plus haut dans l’organigramme. «Demandez-leur ce qu’ils pensent de vos idées, de votre stratégie : est-elle bonne pour l’entreprise ?»

Quand ça commence à tirer

Vos collègues sont partis dans le cadre d’une restructuration, d’un plan social, vous vous retrouvez surchargé et vous demandez à ce que votre poste soit revalorisé. Et là, c’est la douche froide. «Vous n’allez pas comprendre pourquoi l’entreprise refuse de vous faire évoluer ou de vous augmenter alors que vous vous battez contre tout, tel un mouton à huit pattes. En face, l’entreprise ne va pas comprendre votre demande alors qu’elle est confrontée à des difficultés financières». La corde commence à tirer. Pour ne pas qu’elle rompe, faites le récapitulatif de toutes vos missions, conseille le DRH. «Montrez celles que vous êtes censé faire, inscrites sur votre fiche de poste, et ce que vous faites réellement, qui méritent une reconnaissance à hauteur de votre impact. Peut-être que cela va réveiller votre manager et votre entreprise, qui réaliseront que vous êtes en souffrance et qui ne voudront pas vous perdre».

A l’entreprise ensuite de réagir… ou non. Pour Pierre Audierne, «il est important qu’elle prenne le temps de négocier avec un salarié dans cette situation. Soit elle pourra prendre conscience de son périmètre et de l’importance de le valoriser, soit elle pourra se diriger vers la proposition d’un scénario vers une sortie».

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