
La ménopause est-elle un sujet tabou en entreprise ? Oui, selon un sondage révélé par l’AFP et relayé par Le Télégramme. Car selon cette étude menée par OpinionWay pour le groupe pharmaceutique Astellas, ce phénomène naturel, qui intervient généralement entre 45 et 55 ans, est un sujet de préoccupation. Selon cette étude, plus d’un quart des 1 000 femmes interrogées assurent avoir déjà dissimulé des symptômes liés à la ménopause par peur d’être discriminées. Cela va même plus loin : selon elles, en parler sur leur lieu de travail leur porterait préjudice sur le plan professionnel.
Car si deux tiers pensent qu’elles devraient en parler, plus de la moitié ne l’ont jamais fait au bureau. Pourquoi ? Une quinquagénaire interrogée par l’AFP qualifie de «violent» le tabou autour de la ménopause. Pour elle, «c’est sale, ça ne se dit pas». Les douleurs sont si intenses que certains jours, elle était prête à en finir : «Si on me disait : ‘si tu avales cette pilule, tu peux mourir tout de suite’, je le ferais.» Les douleurs, les femmes ménopausées les ont pratiquement toutes vécues (plus de 87% selon l’étude d’OpinionWay).
Une perte financière pour les femmes
Cela peut être des maux de tête, des douleurs articulaires, des bouffées de chaleur, des troubles de l’humeur ou encore des sueurs nocturnes. Et tous ces symptômes peuvent avoir des conséquences professionnellement, des femmes révélant avoir refusé une promotion ou ayant préféré quitter leur poste. En outre, la ménopause a des conséquences financières, «10% de revenus en moyenne», selon une autre étude publiée au mois de mars (données suédoises ou norvégiennes).
Contrairement aux douleurs menstruelles, le sujet reste en effet très peu évoqué. Comme le détaillent nos confrères, une plateforme existe. Cofondée par le docteur Pierre-François Ceccaldi, professeur en gynécologie obstétrique à l’hôpital Beaujon (AP-HP), et appelée «ménopause club», elle vient en aide aux femmes qui «ne se sentent plus en capacité ou en compétence sur cette période-là».
Si le docteur essaye de rassurer les femmes qui peuvent trouver le temps long, en leur rappelant qu’il s’agit d’une «étape», pour certaines, la route est longue. Une autre femme interrogée par l’AFP est en préménopause depuis environ dix ans. Une difficulté parce qu’avec ses hormones, «tout prend une dimension exponentielle émotionnellement», d’autant qu’elle est dans une période de «transition». Un tabou que beaucoup ont encore du mal à briser.




















