Les tabous liés au corps des femmes sont encore importants dans le monde du travail. Pour y remédier, certains pays ont très vite agi. Au Japon et en Corée du sud, par exemple, un congé menstruel est en place, respectivement depuis 1947 et 1950. L’Espagne s’apprête à les rejoindre, avec la création d’un congé de trois jours pour règles “invalidantes”. La Nouvelle-Zélande a, quant à elle, fait le choix d’instaurer en 2021 un congé pour les femmes en cas de fausse couche. En France, en revanche, il ne semble pas être question de mettre en place de tels dispositifs.

Contacté, le ministère des Solidarités n’a pas souhaité nous répondre sur ce point. Mais l’an dernier, l’ex-secrétaire d’État en charge de l’Enfance et de la Famille, Adrien Taquet, ne s’était pas montré favorable à la mise en place d’un congé pour fausse couche. “Si vous instaurez un congé fausse couche, l’employeur connaîtra la raison de cet arrêt”, a-t-il déclaré dans le Parisien, avant d’indiquer qu’une femme qui vit une fausse couche a déjà la possibilité de bénéficier d’un arrêt de travail dont la durée “est adaptée à la situation de chaque patiente”.

En effet, comme nous l’a expliqué la Direction de la Sécurité sociale (DSS), des dispositifs différents s’appliquent, selon la période à laquelle la fausse couche intervient :

  • Avant 22 semaines d’aménorrhée et avant la déclaration de grossesse* (le cas le plus fréquent), la mère peut bénéficier d’un arrêt maladie “pour pouvoir faire face aux conséquences physiques et psychologiques d'une fausse couche”, indique la DSS. Elle est couverte, avec un délai de carence de trois jours et une indemnité journalière correspondant à 50% du salaire brut (59% du net). “Mais dans 66% des cas, une couverture prévoyance de l’employeur permet de mieux couvrir la salariée”, souligne la Direction de la sécurité sociale.
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