
L’intelligence artificielle fait peur sur le marché du travail. Une étude de la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur soulignait en avril que 16% des emplois en France subiront bientôt des transformations importantes. Quelques jours plus tard, une autre étude révélait qu’un métier sur deux serait impacté mais sans vague de suppression. Mais il y a quelques jours, une autre étude du CRiP soulignait l’impact de l'IA agentique sur les cols blancs et les juniors. Autant d’informations contradictoires, d’autant que pour l’heure, l’impact de l’IA sur le marché du travail reste limité.
Une étude menée par le réseau professionnel LinkedIn et relayée par BFM Business met en exergue d’autres chiffres liés notamment au nombre d’emplois créés par l’IA. Cette étude souligne un phénomène : malgré la baisse de 26% des embauches au niveau européen par rapport à la période avant pandémie de Covid-19, ce n’est pas le cas pour les métiers liés à l’intelligence artificielle. Depuis 2023, 256 000 emplois ont même été créés sur le Vieux Continent. Et parmi tous les pays, la France fait figure de moteur.
La France portée par Mistral AI
Si on prend l’exemple de la capitale française, en deux ans, entre 2023 et 2025, 20 000 emplois ont été créés dans le secteur. C’est mieux que Madrid, Milan, Dublin ou encore Munich. Grâce à quoi ? A des écoles d’ingénieurs reconnues ou encore des startups en pleine croissance et mondialement reconnues comme Mistral AI. L’étude citée par nos confrères indique même que Paris est l'une des seules villes d’Europe à rivaliser avec les grandes villes américaines et à attirer les investisseurs et les talents.
Si Paris fait figure de locomotive en France, d’autres villes recrutent dans l’IA grâce à des projets et des investissements massifs. En Ile-de-France, Mistral AI a, par exemple, mis en place un projet de campus de calcul géant, rappelle Business. Aux côtés du fonds émirati MGX et de partenaires industriels français, 8,5 milliards d'euros ont été mis sur la table. Dans le même temps, c’est à Toulouse qu’il y a la plus forte hausse d’offres : +67% en un an. La Ville Rose est portée par les secteurs de l’aéronautique, le spatial ou encore la défense.
Forte concentration d’offres à Grenoble
D’un autre côté, Grenoble s’illustre par la plus forte concentration d’offres, notamment de spécialistes de l’IA (1,6% de sa population active). Mais d’autres villes comme Brest, Clermont-Ferrand, Montpellier, Rennes, Nantes et Lille concentrent également des spécialistes du secteur. Parmi les profils recherchés, on retrouve des data scientists, des ingénieurs data, des analystes, des ingénieurs de recherche ou encore des spécialistes de «machine learning», cite BFM Business.
Toutefois, les métiers évoluent déjà. Certaines entreprises recrutent des profils afin de piloter des stratégies en IA, tandis que les consultants, les ingénieurs et responsables IA sont très recherchés. La France bénéficie de nouvelles infrastructures de pointe et d’une stratégie nationale dédiée à l’IA. Dans le cadre de Choose France 2026, 93 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés, dont 75 de la part du Japonais SoftBank… dans des centres de données dédiés à l’IA.











