Il voulait éviter aux enfants des trajets jugés dangereux et a finalement perdu son emploi. Le conseil de prud’hommes de Limoges a confirmé le licenciement pour faute grave d'un chauffeur de car scolaire de Haute-Vienne, rapporte Le Parisien. Il lui était reproché de ne pas avoir respecté les consignes de son employeur en multipliant les arrêts non autorisés au plus près du domicile des élèves. L’affaire, qui avait suscité une vive émotion locale, concernait des pratiques mises en place depuis plusieurs années dans le secteur des Billanges, où le chauffeur déposait certains enfants directement devant chez eux.

Une pratique que des parents jugeaient rassurante, compte tenu des conditions de sécurité sur certaines routes rurales. La mère d’une collégienne expliquait ainsi que sa fille aurait autrement dû «marcher 650 mètres dans le noir sur une route communale sans trottoir ni marquage au sol». Le chauffeur défendait, lui, «une lecture humaine des règles et de la loi», estimant qu’elle permettait de tenir compte des réalités du terrain et de mieux protéger les enfants. Il assurait également que ces pratiques avaient été tolérées auparavant.

Changement d’exploitant

Mais le changement d’exploitant du marché public a modifié les règles. L’entreprise Europ Voyages, désormais en charge du service, a rappelé la nécessité de respecter strictement l’itinéraire et les points d’arrêt définis par la région Nouvelle-Aquitaine. Selon elle, les arrêts effectués en dehors du cadre fixé étaient interdits et constituaient des «arrêts sauvages».

L’employeur lui reprochait également une attitude d’insubordination après avoir demandé au chauffeur de cesser ces pratiques. Le conflit s’est aggravé jusqu’au licenciement en 2022. Devant les prud’hommes en janvier 2025, le chauffeur avait reçu le soutien d’une vingtaine de parents venus manifester en marge de l’audience. Après examen du dossier, la juridiction a toutefois estimé que les consignes n’avaient pas été respectées et que la faute grave était constituée, validant ainsi le licenciement.

Le chauffeur, en poste depuis 17 ans, a indiqué ne pas souhaiter faire appel. Depuis cette affaire, les arrêts des cars scolaires ont été ajustés afin de renforcer la sécurité des enfants.