
«Venez sans CV.» Chaque année, la société de services informatiques Xefi organise, près de Lyon, une journée de recrutement où tout le monde peut s’inscrire, sans exigence de diplôme. «Je ne vais pas réclamer chez les autres ce que je n’ai pas moi-même», relate Sacha Rosenthal, 55 ans, son dirigeant. Issu d’une famille nombreuse en difficulté, ce dernier n’a même pas le bac. Déscolarisé à 15 ans, le voilà qui fait des petits boulots avant que son frère ne le fasse rentrer, à Nîmes, dans un magasin spécialisé dans la vente d’ordinateurs familiaux. Attiré par l’informatique, il apprend leur fonctionnement en les désossant. «J’ai vite été parmi les meilleurs vendeurs, grâce aux conseils techniques donnés, qui étaient appréciés», se souvient-il.
Alors, après trois ans dans l’armée, ce fan de sport décide de créer son activité de réparation informatique en 1995. «J’ai démarré seul dans un petit local à Lyon en démarchant des vendeurs dans les enseignes n’ayant pas de SAV.» Une commerciale d’un magasin Boulanger de Limonest lui apporte ainsi son premier client, une petite entreprise du coin. «Merci à cette dame !»
Deux ans plus tard, Sacha Rosenthal a suffisamment économisé pour fonder sa société et pour embaucher. Infogérance, cloud, cybersécurité… Le business s’est, depuis, largement développé, la taille de l’entreprise également (413 millions d’euros de chiffre d’affaires et 200 agences surtout en franchise), mais la clientèle n’a pas changé, toujours composée de TPE et de PME. «Etre autodidacte m’a donné un avantage, celui de n’avoir aucune idée préconçue limitante, souligne celui qui a passé des nuits à se former tout seul à la gestion. Par exemple, je refuse d’ouvrir mon capital à des fonds pour me développer, comme le recommande la doxa chez les investisseurs. Et cela me va très bien.»
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