Vous êtes haut-commissaire aux compétences. En quoi consiste votre fonction ?

Carine Seiler : Le Haut-Commissariat aux compétences a été créé par le gouvernement en 2017 avec l’objectif d’appuyer en profondeur la transformation du système de la formation professionnelle. Il fallait un acteur, composé d’une équipe dédiée, pour à la fois contribuer à la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle par le soutien à l’expérimentation et à l’innovation, dialoguer avec les régions qui sont compétentes en la matière, mais aussi capitaliser et essaimer les bonnes pratiques.

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J’aime à dire que le Haut-Commissariat a un rôle de défricheur et de facilitateur: son objectif est de faire plus et de faire mieux. En décryptant les dynamiques et les tendances par filières et par secteur, y compris les signaux faibles, nous pouvons accompagner les transformations dans les domaines dans lesquels la France a besoin de se former ou de se reconvertir.

Juriste de formation et spécialiste des politiques de formation professionnelle, vous connaissez bien le monde du travail. Quels changements majeurs notez-vous depuis le début de votre carrière ?

Il y a une forte accélération de la transformation des métiers et des pratiques professionnelles. Aujourd’hui tout va plus vite. Ce qui se faisait hier à l’échelle d’une génération se fait aujourd’hui en six mois ou un an. Cette accélération est en partie due au numérique: désormais il faut être dans le «juste à temps», il n’y a plus de décalage, tout est immédiat. J’observe également une plus forte mobilité professionnelle. Il n’est plus aussi fréquent de passer dix ou quinze ans dans la même entreprise, particulièrement chez les jeunes.

A l’avenir, et d’après plusieurs études prospectives, nous changerons 6 à 7 fois de métier au cours de notre vie professionnelle. Il faut d’ores et déjà anticiper ces mobilités et favoriser la formation tout au long de la vie, quels que soient l’âge, la situation et le statut des personnes. Cela doit devenir un réflexe pour tous!

Le plan d’investissement dans les compétences (PIC), doté d’un budget de 15 milliards d’euros, dont vous avez la responsabilité, va bientôt arriver à son terme. Quel est le bilan ?

Dès 2018, nos trois ambitions étaient à la fois de former 2 millions de personnes éloignées de l’emploi supplémentaires, de répondre aux besoins des entreprises et des secteurs en tension mais aussi d’innover pour transformer les pratiques. En un peu moins de cinq ans, nous avons atteint nos objectifs, quantitativement et qualitativement.

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