Avant de rapporter, se former coûte ! Selon l’Insee, en 2023, les entreprises et les associations ont dépensé 25,1 milliards d’euros (l’équivalent de 3,7% de leur masse salariale) au titre de la formation professionnelle. De quoi en faire bénéficier 4 salariés sur 10 environ. Mais pour quels résultats ? Mystère… Les chiffres peinent à mesurer l’impact concret d’une formation, tant pour les apprenants que pour les employeurs. Et même quand on y parvient en observant une hausse de salaire ou la croissance du chiffre d’affaires, il est rare qu’on tienne compte des bénéfices invisibles. Or, dans les témoignages recueillis, une chose revient souvent : on ne se forme pas (seulement) pour gagner plus, mais pour s’adapter, rebondir, respirer. Ou pour éviter de sombrer.

Une promotion interne avec un changement de métier

Changer de métier sans changer d’entreprise ? Voilà qui est rare. «Mais je ne suis pas une exception dans mon groupe», note Damien Marquer. Ex-juriste chez O2, il est devenu DRH des filiales du groupe Oui Care sept ans après avoir entamé une formation RH à l’IGS. «Mon DRH et ma N+1 avaient fait cette école. Je rêvais de quitter le juridique, il restait des fonds à l’Opco, on a monté le dossier en deux jours.» Il garde son poste durant la formation. «Le plus dur ? La surcharge de travail. Le moins drôle ? Les travaux de groupe à 23 heures, quand les enfants des autres sont couchés. Mais c’est formateur.» Diplôme en poche, retour au juridique, faute de poste RH. Deux ans plus tard, bingo !, il décroche celui de responsable RH, et, en 2024, celui de DRH. Côté salaire ? Rien. Côté trajectoire ? Tout. «Je pourrais gagner plus ailleurs, mais je reste pour les gens et pour un ­projet dans lequel je me sens utile.»

L’expertise, c’est bien, mais un diplôme, c’est mieux

En 2019, Laurène est directrice mar­keting… Avec un diplôme en contrôle de gestion. Quand son entreprise annonce un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), elle veut sécuriser son profil. Trop senior pour une VAE, elle choisit Sciences Po et son Executive Master Management des médias et du numérique. «Je voulais une école prestigieuse, et une formation qui m’ouvre, pas qui renforce ce que je sais déjà faire.» Un an de cours le vendredi et le samedi. Elle y gagne un réseau, un cerveau relancé, et des billes concrètes : «Une étude de cas sur la presse quotidienne régionale m’a permis d’obtenir le poste suivant.» Et le diplôme a pesé pour celui qu’elle occupe actuellement : «Ils recrutent encore sur le prestige de l’école.»

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