
Acheter une voiture neuve n’est plus trop votre truc, on dirait. La preuve en chiffres. Le marché automobile français ne cesse en effet de s’enliser, avec au mois de mars, une chute des ventes de 14,5% par rapport à l'année précédente, totalisant seulement 153 842 véhicules neufs mis à la route. Voilà qui n’arrange pas le bilan depuis le début de l’année, puisque sur les trois premiers mois de 2025, la contraction des ventes atteint 7,8%, à 410 085 unités. Un niveau semblable à celui enregistré il y a trois ans (mars 2022), en pleine pénurie de semi-conducteurs et au début de la guerre en Ukraine. Cette tendance alarmante frappe tous les constructeurs, même si certains sauvent la mise.
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Qui pour stopper l'hémorragie des ventes de voitures neuves en France ?
Saluons notamment la performance du groupe Renault sur le mois de mars, qui paraît bien en forme en comparaison du marché tombé à -14,5%, donc : les ventes de ses modèles ne baissent “que” de 1% pour atteindre 43 209 immatriculations. Avec cette performance somme toute remarquable, le groupe automobile (4 marques) se rapproche désormais des compteurs de Stellantis (15 marques), à 134 unités près. En effet, mars 2025 est rude pour la maison mère de Peugeot, qui dégringole de 17% pour tomber à 43 343 immatriculations. Alors que Peugeot a lâché de 6,7% à 23 696 modèles vendus, la marque Renault s’est elle stabilisée (-0,7%) avec 29 401 ventes. Cette dernière doit beaucoup au succès de ses modèles électriques et hybrides, en particulier de la R5 E-Tech, qui a représenté environ 3 000 ventes par mois (à fin mars, 9 187 immatriculations), pour un prix moyen d'environ 31 000 euros. Selon le directeur commercial de la marque Guillaume Sicard, la citadine néo-rétro a joué pleinement son rôle de booster de business. Au-delà des bienfaits du modèle pour le constructeur, le patron estime également que «la R5 E-Tech participe à la transformation du marché».
Stellantis n’est pas le seul dans la zone rouge ce dernier mois, d’autres pointures pataugent comme Tesla (-36,8% à 3 157 unités), Volkswagen (-4,8 % à 22 917), Toyota (-15,9% à 10 165), Hyundai (-28% à 5 782), Ford (-31,2% à 3 392). Mais Mercedes s'effondre de 48,4% (3 612), tandis que BMW recule de 36,6% (4 867) et Volvo de -59,6 % (1 208).
Que se passe-t-il et surtout comment enrayer cette hémorragie ? Plusieurs facteurs expliquent cette débâcle. Les récentes modifications fiscales (souvent portées de façon rétroactive), notamment la diminution du bonus écologique ou carrément la suppression de cette aide gouvernementale pour les entreprises, ainsi que le renforcement du malus CO2, ont freiné les ardeurs des acheteurs de voitures potentiels. Alors même qu’ils se trouvaient confrontés à des prix exorbitants : en 2024, il fallait dépenser 12 000 euros de plus qu'il y a 10 ans pour acheter une voiture neuve.
Cette inflation continue des tarifs est la principale cause de la chute des ventes de voitures neuves en France. Mais n’oublions pas le leasing social, qui a disparu après trois semaines d'existence. A lui seul, ce dispositif permettant aux foyers les plus modestes de louer avec option d’achat un véhicule électrique pour environ 100 euros par mois, avait généré 50 000 ventes supplémentaires en mars, il y a un an. De plus, l'attente de nouveaux modèles promis par les constructeurs, la baisse du pouvoir d’achat, et ces fameux droits de douanes sur lesquels l’Europe, les Etats-Unis et la Chine se renvoient la balle, échauffent un peu les esprits. Mais en fait, l'incertitude économique générale contribue à cette atonie du marché auto. Face à cette situation préoccupante, les professionnels de l'automobile appellent désormais à des mesures fortes pour relancer les ventes.


















