
C’est une infraction qui est dans le viseur des associations de prévention routière : le téléphone au volant. Participant à détourner l’attention du conducteur, cette mauvaise pratique peut être à l’origine d’accidents. Aujourd’hui, le fait de tenir en main un smartphone ou tout autre téléphone au volant est une infraction et donc strictement interdit par le Code de la route. Son utilisation au volant entraîne automatiquement un retrait de trois points sur le permis de conduire, soit le même niveau qu’un excès de vitesse compris entre 30 km/h et 40 km/h. Surtout, il faut attendre trois ans pour récupérer ses points, car il s’agit d’une contravention de classe 4. Il faut en outre s’acquitter d’une amende de 135 euros.
Est-ce suffisant ? Non, selon le préfet du Pas-de-Calais. Comme l’a appris BFM, François-Xavier Lauch a décidé par décret le 13 février de sanctionner ce comportement dangereux d’une suspension de permis. La préfecture entend lutter contre cette pratique et éviter certains accidents. «La consigne est très simple : le téléphone sonne, si vous conduisez, vous vous arrêtez. Vu que les usagers ne le font pas, le préfet a décidé de renforcer les sanctions», précise à BFM, le directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, Christian Védélago.
Téléphoner au volant multiplie le risque d’accident par trois
Cette mesure n’est pas une première. Comme l’expliquait Capital en septembre dernier, le département des Landes l’avait déjà prise. Le préfet Gilles Clavreul a lancé une expérimentation en octobre et avait prévenu que les suspensions administratives pouvaient tomber si les comportements n’évoluaient pas. Des suspensions pouvant aller jusqu’à six mois ! Pour des professions du secteur automobile, ce genre de sanction n’est pas suffisant.
«On réagit au lieu d'agir, car on a malheureusement une formation au permis de conduire qui date des années 1990», déplore le vice-président de Mobilians. Si ces départements passent à l’action, c’est que le nombre de décès à la suite d’un accident de la route a progressé en 2025 (neuf de plus que l’année précédente). Dans les Landes, le préfet déplorait 16 décès à cause du téléphone au volant en seulement six mois en 2025.
Téléphoner au volant multiplie le risque d’accident par trois, et c’est pire si vous lisez un SMS : on multiplie par 23 ! L’année dernière, selon la Sécurité routière, 390 personnes ont en effet été tuées en un an à cause du téléphone au volant. Pas de quoi satisfaire tout le monde. Si certains automobilistes interrogés par BFM considèrent que cela «ne ferait pas de mal à des automobilistes», d’autres trouvent la sanction «un peu dure». Le préfet du Pas-de-Calais n’y voit qu’un argument sécuritaire.




















