De simples airbags, censés sauver des vies, restent encore des armes mortelles. Le 11 juin dernier, un conducteur est mort dans le nord de la France, à Reims, après l'explosion de cet équipement de sécurité dans sa Citroën C3. La métropole a franchi un nouveau cap dans l’affaire des airbags Takata qui équipent certains modèles de Citroën avec ce deuxième décès confirmé et imputé à ce dysfonctionnement. Mais, rappelons que 17 autres personnes sont déjà décédées en outre-mer depuis 2016.

Face à la gravité des faits, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a décidé de hausser le ton. Toutes les Citroën C3 et DS3 visées par un rappel constructeur et pour airbag défectueux fournis par l’équipementier japonais devront désormais être immédiatement immobilisées, a-t-il annoncé mardi à l’AFP. Le ministre a convoqué dans la foulée les dirigeants de la marque française pour leur demander la mise en œuvre d’une nouvelle procédure de «stop drive», autrement dit une interdiction stricte d’utilisation des véhicules concernés, tant que les réparations n’ont pas été effectuées. Une décision plus ferme que les précédentes, qui se limitaient jusqu’ici à inviter les propriétaires à remplacer les airbags, sans aucune obligation ni restriction d’usage.

Combien de véhicules équipés d'airbags défectueux roulent encore ?

La question est de savoir pourquoi il y a encore ce genre de drame en France ? C’est vrai, une vaste campagne de rappel des Citroën C3 et DS3 a été lancée il y a plus d’un an tout de même dans les zones les plus chaudes : les Dom-Tom ou les régions du sud de la France ainsi qu’en Europe. Puis, en février dernier, les deux marques de Stellantis avaient demandé par courrier aux propriétaires modèles construits entre 2008 et 2013 situés dans le nord de la France (236 000) de ne plus conduire leur véhicule jusqu’au changement de l’airbag. La fameuse consigne «stop drive». Mais pour les modèles fabriqués à partir de 2014, un rappel en concession par lettre simple et surtout sans « stop drive » avait été lancé au mois de mai.

Contacté par Capital, Maître Christophe Leguevaques, l’avocat chargé de regrouper les plaignants dans le cadre de l’action collective est plutôt direct : «Il y en aura d’autres, hélas». Selon Stellantis, sur un total de plus de 690 000 Citroën C3 et DS3 équipées de ces airbags défectueux, 481 000 ont été traitées, soit près de 70% des véhicules concernés. Contacté par nos soins, le groupe automobile a promis de répondre rapidement à nos sollicitations…

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