Pour la France, c’est non, pour l’Italie, c’est oui. A situation exceptionnelle, décision exceptionnelle chez nos voisins transalpins. Alors que la guerre au Moyen-Orient a fait bondir les cours de l’énergie, en particulier le pétrole, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a choisi d’agir rapidement sur la fiscalité des carburants. Une baisse temporaire de 25 centimes par litre, pour 20 jours, qui doit permettre de soulager les automobilistes italiens. En France, malgré les promesses (non tenues) de certains distributeurs, le prix de l’essence et du gazole ne baisse pas.

Le gouvernement n’envisage d’ailleurs pas d’aide ni de réduction de la fiscalité. Mais en Italie, il s’agissait d’une «mesure de nature temporaire et d’urgence», assure-t-on, ce qui permet aux «Italiens de payer moins cher que les Allemands, les Français, et les Espagnols», s’est félicité le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Matteo Salvini. Alors, de nombreux Français frontaliers n’ont pas attendu une seconde pour se rendre de l’autre côté de la frontière afin de faire le plein, indique Europe 1.

Près de 30 centimes d’écart avec la France

Interrogée par nos confrères, une vacancière française n’avait pas entendu parler de l’annonce de Giorgia Meloni, mais elle salue «une très bonne idée» et demande : «Pourquoi on ne fait pas la même chose en France ?». D’autres traversent la frontière spécialement, eu égard aux tarifs pratiqués par les stations-service italiennes : «On vient en Italie quand on a la chance d'être à côté. C'est une surprise à 1,84 euro. Il est à 2,12 euros là où je suis», explique une automobiliste à Europe 1.

Certains font aussi la route chaque jour entre les deux pays et considèrent que cette baisse est normale. «Il ne devrait pas y avoir d'augmentation du prix de l'essence, surtout maintenant que tout cela vient de se produire», martèle une Italienne travaillant à Monaco. Pour elle, les pays disposent «encore de réserves d'essence et par conséquent, l'essence ne devrait pas coûter plus cher». Une baisse qui ravit donc les Italiens en premier lieu, alors que de tels tarifs n’avaient plus été vus depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Une mesure qui ne durera pas plus de 20 jours

En effet, à 1,83 euro le gazole et 1,63 euro l’essence en plein Rome, ces tarifs ont de quoi faire pâlir ses voisins européens. «J’immortalise le moment parce que ce prix-là est vraiment beaucoup plus bas que ceux des derniers jours», explique à France Télévisions un automobiliste. «J’espère que ça va donner un peu d’air à notre économie», ajoute une conductrice de moto. Le décret de Rome prévoit également une aide exceptionnelle accordée aux transporteurs routiers et pêcheurs ainsi qu'un mécanisme anti-spéculation. Toutefois, la mesure qui va coûter 500 millions d’euros à l’Italie, ne dépassera pas 20 jours. «Nous n’avons pas d’argent pour aller au-delà», a précisé le ministre de l’Economie.