Ludivine dénonçait une injustice. Cette mère de famille atteinte d’un cancer a reçu une amende de 50 euros dans un TER pour avoir acheté son billet après le départ du train. Le vendredi 20 juin au matin, la trentenaire effectuait le trajet Compiègne-Paris en train, un déplacement qu’elle fait régulièrement depuis six mois, depuis que son suivi médical a été transféré à l’institut Curie à Paris, raconte Le Parisien ce lundi 23 juin.

Son rendez-vous est fixé à 9h30. A son arrivée en gare, elle constate que son train prévu à 7h55 a 15 minutes de retard. Ne voyant aucun contrôleur dans la rame déjà présente, elle décide de monter à bord, craignant un nouveau retard. Ludivine achète alors un billet via son application et s’assoit. Titulaire d’une carte TER Hauts-de-France, elle débourse 8,50 euros pour un titre de transport pour Paris. Mais, peu avant l’arrivée à la gare du Nord, un agent lui reproche d’avoir acheté son billet après le départ du train, ce qui entraîne une amende de 50 euros.

La SNCF d'abord intransigeante...

Une sanction difficile à accepter pour la mère de famille. «Je n’ai pas essayé de frauder, ni d’arnaquer qui que ce soit. J’ai un billet, une carte TER Hauts-de-France, je me suis mise à pleurer parce que je suis fatiguée, je suis en chimio, je suis à bout. J’ai trouvé ça très injuste, très inhumain», témoigne-t-elle auprès de nos confrères. Ludivine apprend alors qu’elle aurait dû se signaler au contrôleur dès le départ du train. «Je l’ai cherché autour de moi, je ne l’ai pas vu. Je suis loin d’être dans une forme olympique, je ne peux pas traverser tout le train à sa recherche !», assure-t-elle.

Sa déception est renforcée par la réponse froide du contrôleur : «Il m’a dit que ça ne le regardait pas. Il n’en avait rien à faire, j’avais l’impression qu’il se foutait de ma gueule». Bien qu’elle ait payé l’amende directement au contrôleur, son montant reste lourd à supporter. Travailleuse indépendante, elle confie ne toucher «que 12 euros par jour d’indemnités de la Sécurité sociale». «Une amende à 50 euros, c’est cinq jours d’indemnité !», déplore-t-elle.

Mais la SNCF va finalement rembourser

Ludivine avait alors engagé un recours, fournissant l’ensemble des justificatifs, notamment son attestation de présence à l’hôpital, afin de démontrer sa bonne foi. Contactée par Le Parisien, la SNCF affirmait dans un premier temps «compatir» à sa situation personnelle, tout en restant ferme. «Tout voyageur doit être porteur d’un billet valable et être en capacité de justifier de sa réduction. Nos chefs de bord ont pour mission d’appliquer un cadre clair et égal pour tous», rappelle-t-elle.

Mais face à la médiatisation de l'affaire, la SNCF a visiblement changé de ton. Toujours auprès du Parisien, la société ferroviaire assure être «attachée à ce que ce soit appliqué de façon adaptée à chaque client». Et ajoute : «Nous avons été très sensibles au témoignage de cette voyageuse, aussi après avoir examiné sa situation personnelle et le fait que son train était en retard, nous avons décidé de ne pas appliquer cette verbalisation.» L'usagère a d'ailleurs été contactée directement : «On m’a expliqué que le contrôleur n’avait pas fait preuve de discernement dans mon cas, qu’il y a la règle, et l’application de la règle qui doit être faite au cas par cas.»