Il n’y aura pas de hausse du prix du tabac en 2025. C’est ce qu’a martelé le ministre du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, la semaine dernière. Seule une hausse «contenue», indexée sur l’inflation est prévue. Mais dans le même temps, le gouvernement voudrait créer une fiscalité dédiée à tous les produits liés au vapotage où une accise à hauteur de 0,15 euro par millilitre de liquide serait instaurée. Un amendement au projet de budget 2025, déposé par Charles de Courson (député Liot), prévoit en effet une taxe qui pourrait rapporter entre 150 et 200 millions d’euros.

Une idée qui semble satisfaire le président nancéien du comité national contre le tabagisme, Yves Martinet, interrogé par France Bleu Sud Lorraine, «favorable» à la mesure. Pour lui, ce serait «un bon moyen pour que nos jeunes n'entrent pas dans l'addiction à la nicotine par le biais de la vapote». Il estime qu’il vaut mieux vapoter qu’acheter un paquet de cigarettes, même s’il milite toujours pour une mesure plus efficace : «Augmenter fortement le prix du paquet de cigarettes», aux alentours de 20 euros.

Une mesure «anti santé publique»

Une mesure qui est pourtant loin de convaincre. Sur France Inter, la médecin tabacologue exerçant dans les Hauts-de-Seine, Marion Adler, s’inscrit en faux contre une «mesure anti santé publique». Citant une étude, elle a rappelé que «la vape est l'élément qui aide le plus les gens à arrêter de fumer» et ne comprend donc pas que l’on «taxe la première aide pour sortir du tabagisme». Pour d’autres tabacologues, une telle mesure va favoriser le bricolage des vapes où les gens feront «le mélange eux-mêmes dans des conditions sanitaires extrêmement graves».

La Fivape monte au créneau

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape), syndicat du secteur, s’est alarmée sur Franceinfo d’une décision qui pourrait supprimer à terme environ 5 000 emplois. Son président craint également que la hausse du prix du vapotage ne «dissuade d’arrêter de fumer ou encourage ceux qui sont actuellement vapoteurs […] à reprendre la cigarette et donc à exposer leur santé». Selon Jean Moiroud, de nombreux Français vont «reprendre le tabac à cause de ces augmentations de prix» et donc «développer des pathologies liées au tabac à court terme et donc des dépenses de santé».

Le président de la Fivape conclut : «J’ai du mal à ne pas voir derrière ce projet d’amendement une attaque un peu sophistiquée de l’industrie du tabac qui est portée par un certain lobbying.» Rejeté samedi 19 octobre par les députés, l’amendement va être de nouveau présenté dans les jours à venir. À ce jour, entre trois et quatre millions de Français seraient adeptes du vapotage dans le pays.