
« Les classes moyennes n’auront plus accès à des vols abordables ». C'est l'alerte lancée par Johan Lundgren, directeur général d’EasyJet, face à la volonté du gouvernement de tripler le produit de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) pour récupérer 1 milliard d'euros de recettes contre 460 millions aujourd'hui. «Pour Easyjet la hausse rapide et importante des taxes sur les billets d’avion affecte directement le pouvoir d’achat des consommateurs et, à moyen terme, privera surtout les ménages de la classe moyenne de l’accès au voyage en avion», peut-on lire dans un communiqué de la compagnie aérienne repris par BFMTV le 28 octobre.
La compagnie insiste sur l’importance de maintenir des vols accessibles pour tous, en rappelant que les voyages aériens jouent un rôle essentiel dans la mobilité sociale et l’économie. D’après Johan Lundgren, le modèle économique des compagnies low-cost pourrait être compromis par cette taxation accrue, risquant d’entraîner une baisse de fréquentation et une perte d’emplois dans le secteur. Même son de cloche du côté de la direction française du transporteur. «Les classes moyennes, les PME ou les étudiants n’auront bientôt plus accès à des vols courts et moyens-courriers abordables, or prendre l’avion ne doit pas être réservé à une élite», juge Bertrand Godinot, directeur d’Easyjet pour la France.
EasyJet met en garde contre une «aviation à deux vitesses»
Pour EasyJet, l’efficacité de cette taxe dans la lutte contre les émissions reste discutable. « Les taxes ne réduisent pas les émissions de carbone ; elles augmentent seulement les coûts pour les consommateurs », affirme Johan Lundgren. Il appelle plutôt à investir dans des carburants durables (SAF) et des technologies vertes pour une transition écologique efficace, sans alourdir les dépenses des voyageurs.
Selon la compagnie, un équilibre doit être trouvé entre les objectifs écologiques et l’accessibilité du transport aérien. EasyJet plaide ainsi pour des solutions qui allient innovation et soutien des acteurs de l’aviation, et qui ne sacrifient pas la mobilité des classes moyennes pour atteindre les cibles climatiques. En conclusion, l’entreprise alerte sur le risque d’une «aviation à deux vitesses», où seules les classes les plus aisées pourraient continuer de voler.

















