
L’objectif est clair : protéger les revenus du sport professionnel français, particulièrement menacés par le piratage, expose Michel Savin, sénateur Les Républicains à l’origine de cette proposition avec son collègue Laurent Lafon. Comme l'indique Le Monde, le projet de loi intervient dans un contexte tendu pour le football français, où la Ligue de football professionnel (LFP) peine à trouver un équilibre financier face au piratage. Le diffuseur DAZN, partenaire majeur de la Ligue 1, avait même refusé de payer une échéance de 35 millions d’euros en janvier, dénonçant le laxisme de la LFP en termes de lutte contre le streaming illégal. Les deux parties avaient fini par trouver un terrain d'entente.
Les consommateurs ne sont pas directement visés, mais les intermédiaires, eux, pourraient payer le prix fort. Les plateformes mettant à disposition des sites de streaming sportif piratés ou les logiciels d’accès pourraient en effet être lourdement sanctionnés. «Promouvoir ces services, c’est participer à leur essor», insiste un sénateur, pour justifier une amende de 15 000 euros et une peine d’un an de prison pour les incitations à s’abonner.
Un problème d’envergure
Le piratage ne se limite pas à une simple perte financière. Il constitue également un frein majeur pour les diffuseurs. DAZN, par exemple, a du mal à atteindre ses objectifs en termes d’abonnements. «Avec à peine 500 000 abonnés, on est loin de la rentabilité attendue», déclare un analyste du secteur, ajoutant que la concurrence des offres pirates, bien plus accessibles, pose un défi considérable. En parallèle, des opérations de dissuasion comme celle menée par l’Arcom, ayant bloqué 171 sites pendant un match PSG-OM, ou encore l'annonce d'un plan de lutte contre le piratage de la Ligue 1 par la ministre des Sports, illustrent la volonté des autorités de durcir le ton. Les efforts doivent être coordonnés et amplifiés, estiment les auteurs du texte, qui espèrent des retombées concrètes si la proposition est adoptée.


















