Après des mois de critiques et de réprimandes, le vent tourne pour l’Inde. En réaction au blocage du détroit d’Ormuz, à la guerre au Moyen-Orient et à la flambée des prix de l’énergie en conséquence, les États-Unis ont changé de positionnement, jeudi 5 mars, concernant le choix de l’Inde d’acheter du pétrole à la Russie, selon BFM. Le gouvernement américain s’est donc décidé à autoriser de nouveau la reprise de la livraison du pétrole russe en Inde, mais pour un mois seulement. Une décision due à la déclaration du ministère du Pétrole indien, qui avait déclaré ne posséder que des stocks pour deux semaines. Pour rappel, pour limiter les revenus de la Russie, l’Union européenne, les pays du G7 et les États-Unis ont appliqué des sanctions depuis 2022 sur son secteur pétrolier.

Concrètement, cette nouvelle autorisation d’achat court jusqu’au 3 avril 2026. Selon Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, cette dérogation vise à «permettre au pétrole de continuer à alimenter le marché mondial» et ne vise que le pétrole russe sous sanction déjà bloqué en mer. Il n’amènera donc pas de nouveaux gains pour la Russie.

L’Inde sous pression énergétique

Troisième importateur et consommateur mondial de pétrole derrière les États-Unis et la Chine, l’Inde consomme environ 5 millions de barils de pétrole par jour. Une situation critique dans le contexte actuel donc, et raison pour laquelle l’Inde s’est aussitôt tournée vers la Russie. En parallèle, selon Bloomberg, environ 9,5 millions de barils de pétrole russe étaient encore stockés en mer en Asie, à la fin de la semaine dernière.

Après que Donald Trump a imposé des droits de douane de 25 % sur les produits indiens importés, ces droits ont été ensuite limités par un nouvel accord commercial, le mois dernier.
En conséquence, sous pression, l’Inde avait décidé de réduire au minimum ses achats de pétrole russe. En février, elle n’aurait importé qu’un peu plus d’un million de barils par jour, soit la moitié du volume importé en pleine crise, et son niveau d’importation le plus bas depuis septembre 2022. Un manque qui a ensuite été comblé par l’achat de pétrole au Moyen-Orient.