
Depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz, bande de mer située entre l’Iran, Oman et les Émirats arabes unis, se trouve bloqué. Une situation qui pourrait bouleverser les équilibres du marché mondial de l’énergie, tant les quantités de pétrole et de gaz qui y transitent à destination du monde entier sont importantes. Environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié sur le marché mondial passent par ce détroit selon France Inter, mais depuis le début du conflit, ce sont 90% des pétroliers et des méthaniers qui y restent bloqués.
Pour l’heure, c’est avant tout le marché du gaz qui est touché par ce blocage : le Qatar a complètement arrêté sa production, et l’offre mondiale se trouve alors brutalement réduite. Concrètement, l’impact du blocage du détroit dépendra donc de la durée du conflit, d’après le gouverneur de la Banque de France.
Moscou pourrait profiter du bouleversement du marché
Ce blocage du trafic maritime pourrait aussi bénéficier en premier lieu à Moscou. Ces derniers mois, la Russie vendait à moindre prix ses hydrocarbures en raison des sanctions européennes dans le cadre de la guerre en Ukraine. Mais depuis le début du conflit avec l’Iran, les prix russes grimpent de nouveau, signe d’un intérêt renouvelé. Dans un premier temps, l’Inde s’est tournée vers la Russie pour son énergie. Et si le blocage se prolonge, la Chine prendra la même décision.
Du côté des États-Unis aussi, le blocage pourrait également se révéler profitable, notamment pour le commerce de gaz naturel liquéfié. Le Qatar ayant arrêté sa production, l’Europe doit se tourner davantage vers le gaz américain. Mais, les exportations de gaz de schiste américaines ayant déjà atteint leur capacité maximale avec le conflit en Ukraine, il sera difficile pour les Américains de répondre à la demande européenne supplémentaire. À ce stade, la durée du blocage reste donc déterminante, puisqu’un blocage prolongé pourrait relancer une forte compétition entre l’Europe et l’Asie pour accéder aux cargaisons. La conséquence sera donc une nouvelle flambée des prix de l’énergie.



















