
On les voit partout sur les réseaux sociaux depuis quelques mois, et encore plus depuis qu’une nouvelle vague de canicule a frappé le pays début août. Sur TikTok, par exemple, les vidéos vantant les bienfaits des pastilles hydratantes pullulent, décrit La Voix du Nord. A quoi serviraient-elles ? A vous hydrater les lendemains de soirée et surtout en temps de fortes chaleurs. Mais sont-elles si efficaces ? Lxir, Waterdrop ou Hydratis… on voit des publicités un peu partout. Même certains pharmaciens en font la promotion.
Composés de sucre, sel, potassium, zinc, magnésium ou chlorure, ces comprimés sont juste à dissoudre dans un verre d’eau. Simple, non, face aux risques de déshydratation ? Pour inciter les Français à acheter leurs produits, les principales marques se distinguent à coups de slogan, rappelant que les Français ne boivent pas assez d’eau malgré les préconisations de l’Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses). Pour rappel, il faudrait boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour, ce que près de huit Français sur dix ne font pas.
Les professionnels dénoncent du marketing
Sauf que selon de nombreux spécialistes, ces pastilles seraient loin d’être utiles. Interrogé par nos confrères, le médecin nutritionniste Arnaud Cocaul considère qu’elles n’ont «aucun intérêt» et que leurs promesses ne relèvent «que du marketing pur et simple». Il n’y aurait rien de mieux qu’un verre d’eau. D’autant que les marques utilisent d’autres arguments marketing avec des saveurs comme les fruits des bois, la pêche ou le kiwi. «Les gens ne savent plus boire de l’eau, et ça, c’est un problème», déplore-t-il.
Sur ce point, la diététicienne Violette Babocsay est encore plus critique : pour elle, ajouter du sel et du sucre est insensé «alors que les gens en consomment déjà trop, ça n’a aucun sens». Cette dernière s’inscrit en faux également contre l’argument de la déshydratation. «L’alimentation apporte d’ailleurs déjà environ 1 litre d’eau, car beaucoup de produits en contiennent», rappelle-t-elle, citant les fruits, les légumes ou la viande rouge.
«Les effets pervers» des pastilles
Quant à la compensation de la perte d’électrolytes (lorsque l’on fait du sport) avancée par les marques, là encore, on est loin du compte : «Ce n’est pas au bout de 30 minutes de sport qu’on a besoin d’électrolytes.» Violette Babocsay s’inscrit en faux contre les fausses croyances, et rappelle par exemple qu’il est aussi dangereux d’être trop hydraté. Chercheur à l’INSERM, Basile Chaix déplore les «effets pervers» de ces pastilles. «Les gens peuvent penser qu’un verre d’eau avec une pastille est plus efficace et donc moins faire attention à s’hydrater», met-il en garde.



















