De 35 à 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an à partir de 2025. En publiant ce chiffre hallucinant dans une étude le 17 mai 2019, le cabinet américain Boston Consulting Group (BCG) croyait dur comme fer que le business de la trottinette électrique partagée allait filer comme le vent. Les start-up levaient alors des fonds à tour de bras, les 12 plus importantes engrangeant près de 1,3 milliard d’euros en quelques mois pour se développer. Les prévisionnistes avaient bien pointé quelques problèmes à régler, comme le vandalisme limitant la durée de vie des machines, la grogne montant contre les incivilités des conducteurs, ou le nombre un peu trop important d’opérateurs sur le marché. Mais tout le monde voulait croire que le business du "free floating" allait battre des records. Deux ans plus tard, c’est la douche froide.

Alors qu’à l’automne 2019, 12 opérateurs se disputaient le marché à Paris, dix-huit mois plus tard, il y a peu de survivants. Car, très vite, plusieurs opérateurs ont jeté l’éponge, effrayés devant le nombre de vols et de dégradations sur leur flotte. Hive, le loueur appartenant à Daimler et BMW, a plié bagage après le vol de la quasi-totalité des 800 trottinettes mises en service. "Quand le marché s’est ouvert, la France, et plus particulièrement Paris, était l’une des vitrines pour le monde entier, alors tous les acteurs sont venus s’y installer pour se montrer, explique Jean Ambert, fondateur de Smart Mobility Lab, un cabinet d’études dédié aux nouvelles mobilités. Aujourd’hui, le marché est devenu mature et ceux qui n’étaient là que pour faire de la figuration ont logiquement abandonné."

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