Ils ne contiennent pas de tabac, mais de la nicotine et des arômes. Les sachets de nicotine à mettre dans la bouche, appelés aussi «pouches», vont bientôt être interdits en France. C’est ce qu’a annoncé la ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq dans un entretien accordé au Parisien mardi 29 octobre. Alors qu’ils séduisent de nombreux jeunes, et à quelques jours du «mois sans tabac», le gouvernement interdit tous les produits «à placer dans la bouche, contre la gencive ou sous la langue» ainsi que les produits «similaires qui sont tout aussi problématiques, sous la forme de gommes ou de billes», détaille la ministre.

Le but ? «Protéger la jeunesse» puisque «le marketing de ces produits est directement ciblé vers les jeunes», insiste-t-elle dans Le Parisien. Jusqu’alors, les sachets de nicotine pouvaient être vendus en France grâce à un flou juridique. Bien qu’ils ne contiennent pas de tabac, ils peuvent s’avérer dangereux, expliquait Capital au mois de juin. Une étude parue aux États-Unis avait d’ailleurs mis en avant les risques liés à leur utilisation, notamment une dépendance.

«Des syndromes nicotiniques aigus parfois sévères»

«Comme pour les cigarettes électroniques, la grande variété d'arômes et les campagnes de marketing agressives que nous voyons, en particulier via les médias sociaux, ont le potentiel d'attirer les jeunes, offrant une nouvelle voie vers la dépendance à la nicotine», expliquait un des auteurs de l’étude. Et c’est bien ce qui a poussé le gouvernement à agir rapidement. Geneviève Darrieussecq parle de «produits dangereux» qui «contiennent de fortes doses de nicotine». Les interdire était donc «un devoir».

La ministre, se disant «très préoccupée», explique que les centres anti-poisons «reçoivent de plus en plus d’appels d’adolescents pour des syndromes nicotiniques aigus parfois sévères» qui peuvent se traduire par «des vomissements, des convulsions, des hypotensions, voire des troubles de la conscience». Si les «pouches» contiennent moins de composés chimiques qu’une cigarette, leur teneur en nicotine peut varier de 0,89 à 6,73 milligrammes par sachet.

En France, le Comité National contre le Tabagisme avait réclamé son interdiction et déposé plainte, quand l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) évoquait de nombreux cas d’intoxications. Les snus et les billes aromatiques pour les cigarettes sont également dans le viseur du gouvernement. La ministre de la Santé a aussi indiqué que l’interdiction des «puffs» devrait être effective d’ici la fin de l’année.