C’est un bloc de verre posé au bord des eaux claires du lac Léman. A l’intérieur, trois bâtiments reliés par des passerelles, évoquant les éléments -eau, air, terre-, mais pas le feu. Et pour cause : au Cube, son centre de recherche et développement situé à Neuchâtel, en Suisse, le groupe Philip Morris International (37,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, en hausse de 9,8%) met en oeuvre son ambition de parvenir à «un avenir sans fumée». Une transformation menée tambour battant.

D’ici 2030, l’entreprise, dont le siège social est aux Etats-Unis mais la direction opérationnelle à Lausanne, entend réaliser les deux tiers de son activité en dehors de la cigarette grâce aux produits sans combustion. Ceux-ci représentent déjà 40% du revenu net. Parmi ces produits, la cigarette électronique, commercialisée sous le nom de Veev, le tabac à chauffer, sous la marque IQOS, les snus, des sachets de tabac prisés des Suédois et interdits dans le reste de l’Europe, et les sachets de nicotine sans tabac Zyn, bannis en France à partir de mars 2026 selon un récent décret.

Plus de 4 000 brevets déposés depuis 2008

Le groupe revendique 14 milliards de dollars investis en recherche et développement et plus de 4 000 brevets déposés depuis 2008. Parmi les 1 500 employés du Cube, on trouve des chimistes, des toxicologues, des ingénieurs, des techniciens, mais aussi des statisticiens, des spécialistes du comportement, des experts en marketing pour s’assurer que les nouveaux produits sont acceptés par le public. «Si, par le passé, il était difficile de recruter des scientifiques, les équipements de pointe mis à leur disposition sont des arguments convaincants. On recrute des gens venus de la tech et des réseaux sociaux», affirme Markus Stratmann, directeur de l’engagement scientifique, pour démontrer l’attractivité du groupe. Tandis qu’un autre porte-parole scientifique vante des innovations inspirées par les capsules Nespresso, faciles d’utilisation, et une filière de recyclage après usage.

Une nouvelle ère portée par un nouveau discours. Symbole de liberté dans les années 1960, le cow-boy Marlboro, marque de Philip Morris, a rangé le lasso en 1997, alors que plusieurs des acteurs l’ayant incarné sont morts d’une maladie liée au tabac. Entre 1999 et 2006, le retentissant procès United States v. Philip Morris a mis en évidence les manipulations de l’industrie pour nier la toxicité du tabac et l’effet addictif de la nicotine.

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