
La traditionnelle conférence Galaxy Unpacked de Samsung s'est tenue mercredi 25 février 2026 à San Francisco. Comme à son habitude, la firme coréenne y a présenté ses smartphones star pour l'année à venir, la famille S26, toujours composée du Galaxy S26, du S26+ et du S26 Ultra, vitrine technologique du constructeur.
Depuis des années maintenant, le marché des smartphones a atteint un niveau de maturité tel qu'il devient difficile pour les constructeurs, quels qu'ils soient, d'innover radicalement en matière de "hardware" (composants physiques). Mais du côté de Samsung, c'est un peu différent cette fois.
Plus de 40% de la conférence dédiée à l'IA
La conférence a débuté avec l'axe désormais majeur de développement pour les smartphones du géant coréen et de la quasi-totalité des constructeurs : l'intelligence artificielle, bien entendu. Et c'est peu de le dire, car sur une heure de présentation environ, l'IA a occupé plus de 25 minutes, soit plus de 40%.
Il faut reconnaître que depuis son lancement il y a deux ans, l'écosystème Samsung Galaxy AI est devenu l'une des figures de proue du marché. Nous avons logiquement eu droit à pas mal d'annonces le concernant, comme l'arrivée sur les S26 du filtrage d'appels par IA, afin de déléguer les appels téléphoniques auxquels on ne souhaite pas répondre à l'intelligence artificielle. Celle-ci vous résumera ensuite le message de l'interlocuteur.
Samsung a également développé son approche "agentique", en intégrant Perplexity en plus de son IA maison Bixby et de Google Gemini. La marque promet des agents complets, capables de naviguer dans vos applications pour accomplir les tâches que vous leur demandez, comme commander un VTC via Uber ou chercher des hôtels puis réserver une chambre.
En dehors de cela, les nouveautés IA des S26 comprennent, notamment, des suggestions contextuelles plus proactives dans l'interface Samsung One UI et de nouveaux outils de retouche et création IA directement intégrés dans l’interface photo/vidéo. Toutefois, ce qui a le plus retenu notre attention lors de la conférence n'est pas l'intelligence artificielle, d'autant que pas mal de nouveautés viennent en réalité de Google et sont déjà disponibles sur les Pixel, comme le filtrage des appels.
Le Privacy Display, une vraie innovation
La nouveauté la plus importante est à chercher du côté de l'affichage du S26 Ultra. Il s'agit de son nouvel écran, le Privacy Display. Pensé pour les lieux publics, celui-ci permet de choisir entre un mode d'affichage avec des angles de vision larges, pour pouvoir partager une vidéo avec un ami par exemple, et un mode d'affichage restreignant les angles de vision, pour empêcher les personnes situées à proximité de voir ce qui est affiché à l'écran de votre smartphone.
Le principe vous évoque peut-être les écrans à filtre de confidentialité des ordinateurs professionnels, mais Samsung va bien plus loin. Le contrôle des angles de vision s’effectue ici au pixel près. Il devient ainsi possible d’activer la confidentialité sur l’ensemble de l’écran ou de façon sélective, uniquement sur certaines zones. Vous pouvez, par exemple, l'activer sur les notifications, les mots de passe ou seulement sur certaines applications, afin de protéger vos messages (SMS, WhatsApp, Instagram...) ou bien votre application bancaire des regards indiscrets. Nous avons pu prendre en main le S26 Ultra, et le résultat est tout simplement bluffant.

Cette prouesse technique repose sur la "Black Matrix", développée par Samsung Display, la filiale du géant coréen spécialisée dans la création de dalles. Les écrans de smartphones sont composés de millions de pixels, chacun formé de sous-pixels généralement rouges, verts et bleus. Ensemble, ils forment une matrice. La "Black Matrix" de Samsung innove en regroupant deux ensembles de sous-pixels par pixel. Le premier diffuse la lumière de manière large, tandis que le second la concentre verticalement, un peu comme si elle passait dans un tube. En mode de confidentialité, c’est ce second groupe qui est utilisé pour limiter les angles de vision, alors que les deux groupes travaillent ensemble lorsque l’on souhaite bénéficier d’angles plus larges.
Des questions en suspens
Effet "Wahou" garanti, mais tâchons de dépasser cette première impression, car cette technologie n'est pas sans impact sur la qualité d'image, même si ses "effets secondaires" sont moins prononcés qu'avec les filtres de confidentialité classiques. D'abord, nous avons constaté que la dalle du S26 Ultra est plus brillante qu'auparavant, ce qui peut la rendre plus sensible aux reflets. Elle nous a d'ailleurs semblé un peu moins lumineuse ce qui n'aide pas dans ce domaine. Ensuite, les couleurs paraissent moins naturelles, trop vives, et il faudra voir si la dalle n'engendre pas une plus grande fatigue oculaire en usage prolongé. Autant de points que nous devrons éclaircir lors de notre test complet de l'appareil, qui paraîtra dans les prochaines semaines.
Toujours est-il que le Privacy Display répond à une problématique très concrète et pourrait même constituer une petite révolution dans l'affichage des smartphones. Pour le moment, l'entreprise le réserve à son S26 Ultra, les autres modèles en étant tous dépourvus. Mais il est probable que Samsung Display, l'un des plus importants fournisseurs d'écrans dans le monde, commercialise sa technologie auprès d'autres constructeurs dans un second temps.
En tout cas, pour la découvrir sur le S26 Ultra, il faudra encore patienter quelques jours. Tous les modèles de la nouvelle gamme S26 sont dores et déjà disponibles en précommande, mais ils n'arriveront en magasin qu'à partir du 11 mars prochain.
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