Depuis un an, quelques constructeurs de smartphones s’affrontent dans une nouvelle compétition : celui qui aura le gabarit le plus fin. Samsung avec le Galaxy S25 Edge, Apple avec son iPhone Air, Motorola avec son Edge 70… et ce n’est pas terminé puisque lors du Mobile World Congress, le salon dédié à l’univers mobile qui s’est tenu à Barcelone au début du mois de mars, nous avons pu croiser encore d’autres modèles du genre notamment chez Nubia et chez Tecno. Néanmoins, pour chaque tentative, la déception était au rendez-vous. Non pas que ce nouveau style de smartphone très fin soit déplaisant, mais parce que les compromis techniques pour y parvenir sont trop importants. Autonomie à peine correcte, volet photo simpliste, chauffe… le tout facturé de surcroît bien trop cher.

Motorola s’inscrit pourtant comme le premier à réitérer l’expérience mais cette fois-ci avec une approche différente. Son nouveau modèle Signature conserve une ligne svelte, sous la barre de 7 mm d’épaisseur, mais parvient à livrer une copie technique beaucoup plus conforme à ce que l’on attend d’un smartphone à la fois premium et polyvalent. Moto a-t-il trouvé la bonne formule ?

Et avant de vous décider, n’oubliez pas de parcourir notre guide des meilleurs smartphones.

Design et connectique : finesse et élégance, le cocktail gagnant (4,5/5)

Avec ses tranches de 6,99 mm, le Signature entre donc dans catégorie des smartphones fins (et non ultrafins qui se situent sous la barre des 6 mm d’épaisseur). En mains, il se montre vraiment confortable. L’aspect svelte est par ailleurs accentué par l’emploi d’un écran incurvé sur les quatre côtés. D’autant que le poids reste contenu avec 186 g et plutôt bien réparti pour un gabarit assez classique de 162,1 x 76,4 mm.

© Fabrice Brochain pour Capital

Moto a décliné son Signature en deux coloris seulement établis par Pantone : Carbone et… Martini Olive (sic). Une couleur assez originale et inattendue, proche du kaki militaire. Néanmoins, elle est rehaussée par des tranches en alu brillant teinté dans les mêmes tons ce qui donne un aspect assez premium au mobile. Le bloc photo profite lui aussi d’une plaque d’aluminium assortie pour faire ressortir les trois modules et le flash. C’est très réussi. Et si l’ilôt photo provoque une légère protubérance à l’arrière de l’appareil, il demeure suffisamment large pour ne pas le rendre bancal lorsque celui-ci repose à plat sur le dos.

© Fabrice Brochain pour Capital

On note aussi que le dos de l’appareil n’est pas recouvert de verre ou de plastique mais d’une matière synthétique texturée. Selon Moto, elle est inspirée du tweed et du lin. Le résultat est non seulement très agréable sous les doigts mais permet aussi au mobile de ne pas glisser.

Comme à l’accoutumée, la tranche droite héberge les boutons de volume et de mise sous tension. La tranche gauche de son côté se pare d’un bouton dédié aux fonctions IA.

© Fabrice Brochain pour Capital

Les finitions sont exemplaires. Et même si la finesse lui donne un aspect fragile et précieux, le Signature profite d’un côté de la certification MIL-STD-810H pour affronter des conditions extrêmes (chutes, froid, chaleur) et de l’autre d’un indice IP68/69. Il peut résister aux poussières, à l’immersion dans l’eau par 1,5 m de fond pendant 30 minutes et aux jets d’eau sous pression.

Côté connectique, le Signature est au goût du jour. À côté de la connexion 5G, le Wi-Fi 7 tri-bande (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz) est au rendez-vous comme le Bluetooth 6 et le NFC. Le port USB-C adopte de son côté la norme 3.2 Gen 1 pour les transferts rapides de fichiers vers un support de stockage externe ou un ordinateur. En revanche, aucun signe de LE Audio, d'LC3 et d'Auracast semble-t-il.

Écran : immersif et lumineux (4,5/5)

À l’inverse de nombre de constructeurs qui ont jeté l’éponge, Motorola conserve sur ce Signature une dalle AMOLED incurvée sur les quatre côtés. Il en résulte un aspect plus immersif et très agréable à l’œil. D’autant que cette dalle de 6,8 pouces en met plein les mirettes. Sous notre sonde, l’écran affiche une luminosité standard de 402 cd/m2, qui grimpe à 1509 cd/m2 en HDR et peut atteindre 3780 cd/m2 en pic, lorsque le soleil tape fort. Un excellent résultat digne d’un mobile haut de gamme même s’il est bien en-deçà des promesses de la firme (6200 cd/m2).

© Fabrice Brochain pour Capital

Cette dalle LTPO avec son rafraîchissement de 1 à 120 Hz et même 165 Hz pour les jeux, offre une définition de 1264 x 2780 pixels pour une résolution de 450 ppp. Le respect des couleurs est également au rendez-vous avec un Delta E mesuré à 2,11 avec le mode « Couleurs naturelles ». Il semble être le mieux adapté pour garantir la meilleure fidélité colorimétrique puisque les deux autres modes proposés, « Couleurs lumineuses » et « Couleurs éclatantes » témoignent respectivement d’un Delta E moins convaincant de 4,78 et 5,2.

Performances : un processeur adapté au gabarit (4/5)

Pour éviter le phénomène de surchauffe, Motorola ne s’est pas tourné vers le Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm, le plus puissant du moment. La firme s’est rabattue sur un processeur un poil moins performant, le Snapdragon 8 Gen 5. Un SoC gravé en 3 nm et composé de huit cœurs (2 Oryon V3 Phoenix L à 3,8 GHz et 6 Oryon V3 Phoenix M à 3,2 GHz) auquel s’ajoute un GPU Adreno 829. Il est épaulé dans sa tâche par 16 Go de RAM et 512 Go d’espace de stockage (non extensible).

Ce SoC a toute sa place dans un smartphone premium assez fin. Les résultats obtenus dans nos benchmarks font état de performances très honorables. Il déploie suffisamment de puissance pour faire tourner toutes les applis sans la moindre difficulté.

Nous n’avons rencontré aucun phénomène de latence et encore moins de chauffe excessive avec 45,1°C au dos et 43,4°C sur la tranche droite au maximum.

Il n’y a que sur l’aspect graphique ou le Signature montre quelques difficultés avec un throttling léger (limitation des performances du processeur pour maintenir une bonne stabilité et éviter la surchauffe). Rien de dramatique toutefois puisqu’il permet de jouer à Genshin Impact à 60 images par seconde avec un niveau de détails calé sur moyen. Il faudra cependant faire quelques pauses pour conserver des performances optimales.

Android 16 et de l’IA sans excès

Le Signature est livré avec la dernière version d’Android en date (16) recouverte d’une surcouche logicielle maison très discrète et c’est tant mieux. Quelques applis maison et plusieurs logiciels pré-installés inutiles (bloatwares) sont aussi de la partie mais pas en surnombre non plus. Ouf.

Évidemment, quelques fonctions exploitant l’IA figurent au programme. Gemini est bien sûr présent mais Moto ne s’est pas limitée au seul modèle de Gemini. Se nichent également dans le smartphone Copilot de Microsoft ou encore Perplexity.

© Fabrice Brochain pour Capital

Le fameux bouton présent sur la tranche gauche de l’appareil reprend un peu les fonctions déjà vues ailleurs (chez Nothing ou OnePlus par exemple) pour enregistrer des souvenirs (notes audio, captures d’écran, etc.). Des outils tournant sans Internet pour débriefer les notifications (pour obtenir un compte rendu des diverses notifications ratées) côtoient d’autres fonctions avec de l’IA générative pour retoucher et créer des images par exemple. Motorola n’est pas à la pointe sur l’IA mais les outils fournis peuvent parfois s’avérer pratiques et ludiques.

Photo : de la polyvalence mais de l’IA trop imaginative (4,5/5)

Au dos de l’appareil, pas de jaloux. Les trois modules sont logés à la même enseigne avec un capteur de 50 Mpx. On profite ainsi d’un grand-angle eq 23 mm (f/1,6), un ultra grand-angle eq 12 mm (f/2,2) et un téléobjectif optique x3 eq 71 mm (f/2,4). En façade, la caméra selfie offre une focale eq 21 mm (f/2,0) pour un capteur de 50 Mpx.

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Le grand-angle s’en sort plutôt bien avec des clichés équilibrés. La netteté est bel et bien au rendez-vous tant au centre qu’à la périphérie de l’image. Le module semble cependant rencontrer quelques difficultés à gérer l’exposition automatique qui reste un peu faible. Sur la mire de notre laboratoire, la montée en ISO montre une perte très douce des détails en périphérie. Le bruit numérique ne fait réellement son apparition qu’à partir de 1600 ISO ce qui promet un travail léger pour les algorithmes de traitement d’image en basse lumière.

Dans de bonnes conditions de lumière, le grand-angle s’en sort ainsi très convenablement avec des couleurs naturelles et une exposition maîtrisée. Le HDR se voit parfois malmené, notamment avec les contrejours pour déboucher les zones sombres.

© Fabrice Brochain pour Capital

Mais dans l’ensemble, les clichés demeurent satisfaisants. On constate également que le traitement appliqué présente une certaine propension à rehausser les couleurs pour les rendre plus éclatantes. Ça flatte la rétine mais on y perd en naturel.

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Le mode portrait se montre lui aussi assez plaisant avec un détourage propre, y compris sur les éléments fins comme les cheveux et un bokeh ajustable manuellement lors de la prise de vue.

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Malgré un capteur de 50 Mpx lui aussi, l’ultra grand-angle est un peu moins bien servi. Les clichés se révèlent moins précis. La netteté n’est pas toujours au rendez-vous. Les couleurs sont quant à elles conservées et les distorsions bien maîtrisées en périphérie de l’image. Les résultats se dégradent cependant dès que la lumière s'amenuise avec des contours trop prononcés.

Ce Signature embarque donc un téléobjectif optique x3. Il est ensuite capable de grimper jusqu’au x100 en numérique avec un gros coup de pouce de l’IA. Jusqu’en x3, il délivre des images convenables même si, parfois, le piqué est à la peine.

Dès le grossissement x20, l’appareil met en branle le « Super Zoom Pro ». Entendez par là que l’IA va mettre son nez dans vos affaires. Elle s’en sort parfois assez bien en corrigeant les détails que l’optique ne parvient pas à discerner proprement mais elle peut aussi avoir tendance à inventer des éléments qui n’existent pas pour produire un cliché acceptable. C’est par exemple le cas sur les photos de la statue ci-dessous dont le visage change d’expression selon les clichés.

La monture photo de ce Signature présente en somme un bon équilibre et offre de quoi saisir des clichés agréables à l’œil.

Autonomie et recharge : en léger progrès (4,5/5)

À bord de ce Signature, c’est un accu de 5200 mAh qui se charge de l’alimentation. Une capacité un peu courte au premier abord mais Moto a opté pour une batterie silicium-carbone proposant une belle efficacité. Avec notre test de lecture vidéo 4K en streaming, l’appareil n’a réclamé une recharge qu’après 29h32 de labeur. Un score qui le classe parmi les smartphones les plus endurants du moment. De quoi tenir aisément deux jours en usage classique sans abuser de la luminosité de l’écran et du jeu puisque la dalle peut atteindre une fréquence de rafraîchissement élevée de 165 Hz.

© Fabrice Brochain pour Capital

Côté recharge, Moto confirme une nouvelle fois la maîtrise du sujet. Le Signature est compatible avec la charge 90 W. En l’absence de chargeur maison, nous l’avons branché à un chargeur Qi Anher de 100 w. En 15 minutes, le Signature a récupéré 34 % de charge et 67 % au bout d’une demie heure. Il nous a fallu patienter 52 minutes pour retrouver une pleine charge. Pas mal. À la charge filaire, Moto ajoute la charge sans fil de 50 W. Le Signature n’est pas compatible Qi2 mais la marque fournit dans la boîte une coque transparente équipée du dispositif adéquat pour le coller sur n’importe quel chargeur MagSafe.

Durabilité et réparabilité : des efforts de la part de Motorola (3,5/5)

En ce qui concerne la durabilité et la réparabilité, Motorola n'a jamais été parmi les meilleurs élèves. Même les smartphones haut de gamme de la marque étaient un peu juste jusqu'à maintenant, notamment en matière de suivi logiciel. Toutefois, pour ce Signature, Motorola semble se hisser enfin au niveau. La marque assure qu'il bénéficiera d’un suivi logiciel digne de sa catégorie avec 7 ans de mises à jour système et de correctifs de sécurité. Aussi est-ce étrange de constater dans les détails de sa fiche d'information officielle une "disponibilité garantie minimale des mises à jour de sécurité" de 6 ans et non 7 comme il nous l'a annoncé.

© Fabrice Brochain pour Capital

Sur l’étiquette Energy européenne, le Signature se voit gratifié de la note A. Dans le détail de la note, il obtient un B pour sa résistance aux chutes libres répétées. Attention cependant car son écran, protégé par du verre Gorilla Victus 2, présente une note de résistance aux rayures de seulement 4 sur 10 sur l’échelle de dureté de Mohs. La dalle n’est pas aussi solide que sur les autres modèles premium en raison de sa forme incurvée.

Côté réparabilité, il obtient un honorable B. Les notes sont très bonnes, sauf en ce qui concerne la démontabilité du produit (2,35/5) et, justement, la durée du support logiciel (3/5). Motorola fournit tout de même des URL pour trouver des pièces de rechange et des tutoriels de réparation. Un très bon point. Pour le moment, les pièces du Signature ne sont pas en ligne mais elles devraient arriver.

Les meilleures alternatives au Motorola Signature

Xiaomi 17 : l'un des rois de la photo

Fraîchement débarqué au catalogue de Xiaomi, ce modèle s’appuie sur une monture photo très solide réalisée en partenariat avec Leica. Il compte aussi un SoC plus puissant et une batterie plus généreuse.

Pixel 10 Pro : l'alternative signée Google

Conclusion

Le Signature parvient à trouver le juste équilibre pour allier une finesse très appréciable à des ambitions dignes d’un mobile de sa catégorie. Certes il ne possède pas le processeur le plus rapide du moment mais se sort aisément et sans chauffe excessive de la très grande majorité des tâches courantes. Son volet photo reste très équilibré pour procurer des clichés à la hauteur de ses concurrents et son autonomie lui vaut de se classer parmi les meilleurs. Un mobile bon sous tout rapport ? Oui si l’on considère le prix annoncé par Motorola pendant le CES, soit 999 euros. Or, la firme a changé son fusil d’épaule entre temps pour lui plaquer le tarif officiel de 1299 euros. Ces deux cents euros de plus sont de trop. À ce prix, on trouve des mobiles certes plus gros mais aussi plus performants et plus solides en photo comme le Honor Magic8 Pro ou le Samsung Galaxy S26+. Heureusement, il est possible de dénicher le Signature au tarif initial, qui lui correspond bien mieux. À ce moment-là, force est de constater qu'il s'impose comme un excellent choix.

  • Design et connectique : 4,5/5
  • Écran : 4,5/5
  • Performances : 4/5
  • Photo : 4,5/5
  • Autonomie : 4,5/5
  • Réparabilité : 3,5/5

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