Dans le coin droit, le Samsung Galaxy Z Flip7, champion en titre qui peaufine une formule bien rodée. Il mise sur la continuité, l’équilibre et un écosystème logiciel maîtrisé. Dans le coin gauche, le Motorola Razr 60 Ultra, un challenger ambitieux qui pousse les curseurs techniques au maximum pour tenter de détrôner le roi. Entre l’évolution tout en douceur du premier et l’audace technique du second, la bataille s'annonce serrée. Puissance, photo, autonomie ou durabilité, nous avons comparé ces deux fleurons pour vous aider à faire le meilleur choix.

Design : le bijou contre l'élégance

Sur le plan esthétique, le Samsung Galaxy Z Flip7 continue de jouer la carte de l'objet précieux. Son gabarit n’évolue que très peu et conserve cet aspect "mignon" et facile à glisser dans n'importe quelle poche. Il parvient même à s'affiner de 1,2 mm une fois replié, un petit gain toujours appréciable. Le cadre en aluminium "Armor" et la protection en verre Gorilla Glass Victus 2 inspirent confiance, tandis que la certification IP48 le protège contre la poussière et l'eau. Les finitions sont tout simplement impeccables, avec une charnière à la fois ferme et souple qui confère une sensation très haut de gamme. Le qualificatif de "bijou" n'est pas usurpé.

Le Samsung Galaxy Z Flip7
Le Samsung Galaxy Z Flip7 © Labo Capital

En face, le Motorola Razr 60 Ultra ne cherche pas non plus la révolution et s'appuie sur un design éprouvé et élégant. Son immense écran externe qui englobe les capteurs photo fait toujours son petit effet. Notre version de test, avec son revêtement en alcantara vert, sort des sentiers battus. Si le contact est agréable, ce matériau se révèle être un aimant à poussière et à miettes, nécessitant un entretien plus régulier. L'appareil est également plus imposant, et son utilisation à une main s'avère compliquée. Bien que très bien conçu, il n'atteint pas le niveau de raffinement et de perfection de son concurrent coréen.

Le Motorola Razr 60 Ultra
Le Motorola Razr 60 Ultra © Labo Capital

Avec ses finitions irréprochables et son format compact encore plus optimisé, le Z Flip7 conserve une petite longueur d’avance en matière de design. Il remporte cette première manche. Samsung Galaxy Z Flip7 (1 - 0) Motorola Razr 60 Ultra.

Connectique : au coude-à-coude

Les deux smartphones pliants se mettent à la page et cochent toutes les cases de la modernité. Le Samsung Galaxy Z Flip7 intègre le Wi-Fi 7, le Bluetooth 5.4 avec prise en charge du LE Audio et du protocole Auracast, ainsi que la 5G. Son port USB-C 3.2 Gen 1 autorise des débits théoriques jusqu'à 5 Gbit/s. Un sans-faute qui le rend paré pour l'avenir.

Le Samsung Galaxy Z Flip7
Le Samsung Galaxy Z Flip7 © Labo Capital

Le Motorola Razr 60 Ultra ne démérite pas et propose une fiche technique quasi identique. On y retrouve le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 5.4. La compatibilité avec le codec LC3 et Auracast n'a pas pu être vérifiée en pratique lors de notre test cependant, même si elle est techniquement possible. Le pliant de Motorola prend toutefois un léger avantage avec son port USB-C 3.2 Gen 2, capable d'atteindre des débits théoriques allant jusqu'à 20 Gbit/s, soit quatre fois plus que son rival. C'est un détail pour beaucoup, mais un plus pour les transferts de fichiers volumineux.

Le Motorola Razr 60 Ultra
Le Motorola Razr 60 Ultra © Labo Capital

Difficile de départager les deux adversaires sur ce point. Le Razr 60 Ultra dispose d'un port USB-C plus rapide, mais le Z Flip7 confirme la prise en charge de fonctionnalités audio avancées. C'est un match nul. Samsung Galaxy Z Flip7 (1 - 0) Motorola Razr 60 Ultra.

Écrans : Motorola voit plus grand et plus lumineux

Samsung a enfin rattrapé une partie de son retard en dotant le Z Flip7 d'un écran externe de 4,1 pouces, bien plus confortable que par le passé. Visuellement, l'intégration est réussie, avec des bordures fines. Cependant, deux bémols viennent ternir le tableau : l'écran s'est montré un peu lent à réagir lors de nos tests et son usage reste bridé par défaut. Pour en tirer pleinement parti et y afficher toutes ses applications, il faut ruser en activant des fonctions expérimentales ou en installant l'application Good Lock. Une démarche peu intuitive. L'écran interne de 6,9 pouces est d'excellente facture, avec une belle luminosité (1554 cd/m2 mesurée) et des couleurs très fidèles.

Le Samsung Galaxy Z Flip7
Le Samsung Galaxy Z Flip7 © Labo Capital

Motorola, de son côté, met tout le monde d'accord. Son écran externe de 4 pouces permet d'utiliser la quasi-totalité des applications sans aucune manipulation. L'écran interne est tout simplement le plus grand du marché des pliants à clapet avec sa diagonale de 7 pouces et son taux de rafraîchissement à 165 Hz (contre 120 Hz pour le Samsung). Surtout, sa luminosité est éblouissante, avec un pic mesuré à 2174 cd/m2, garantissant une lisibilité parfaite même en plein soleil et un rendu HDR qualitatif en vidéo. La calibration est également excellente en mode "naturel".

Le Motorola Razr 60 Ultra
Le Motorola Razr 60 Ultra © Labo Capital

Plus grand, plus lumineux, plus réactif et plus fonctionnel, le duo d'écrans du Motorola Razr 60 Ultra surclasse celui du Z Flip7. Le point lui revient logiquement. Samsung Galaxy Z Flip7 (1 - 1) Motorola Razr 60 Ultra.

Performances : la puissance brute contre la maîtrise thermique

C'est un duel de philosophies. Le Z Flip7 embarque une puce maison, l'Exynos 2500. Si elle n'est pas un monstre de puissance brute et se montre parfois inférieure à la concurrence sur les benchmarks, sa chauffe est en revanche bien maitrisée. Le smartphone reste fluide et agréable au quotidien, ne montre aucun signe de faiblesse et exécute parfaitement toutes les tâches, y compris les fonctions d'intelligence artificielle Galaxy AI. Samsung a privilégié la stabilité à la course aux performances.

Le Razr 60 Ultra, lui, a fait le choix de la puissance pure en intégrant une puce Snapdragon 8 Elite. Sur le papier, il surpasse ses rivaux. Dans les faits, c'est plus compliqué. Le smartphone a une fâcheuse tendance à chauffer sérieusement lors de sessions de jeu ou de tests intensifs. Nos benchmarks ont même été interrompus par un message de surchauffe, témoignant d'une dissipation thermique mal maîtrisée. Bien que très puissant, ce mobile est donc bridé par ses propres montées en température, un gros bémol pour un appareil de ce calibre.

Malgré une puce moins véloce, le Z Flip7 offre une expérience utilisateur plus sereine et stable. La gestion de la température est un critère crucial, et sur ce point, Samsung a bien mieux travaillé sa copie. Le point va au Coréen. Samsung Galaxy Z Flip7 (2 - 1) Motorola Razr 60 Ultra.

Photo : Motorola prend le large

Le volet photo est sans doute la plus grosse déception du Z Flip7. Samsung se contente de reprendre à l'identique les capteurs de la génération précédente : un grand-angle de 50 Mpx et un ultra grand-angle de 12 Mpx. L'absence de téléobjectif se fait sentir et pour un mobile vendu à ce prix, c'est difficile à pardonner. Les clichés sont corrects en bonne lumière, avec des couleurs flatteuses typiques de la marque, mais l'ensemble manque de piqué et ne rivalise pas avec les meilleurs photophones. On reste sur notre faim.

Motorola a fait des choix plus judicieux. Le fabricant a abandonné le téléobjectif pour le remplacer par un excellent ultra grand-angle de 50 Mpx, qui vient épauler un capteur principal de 50 Mpx tout aussi convaincant. Le résultat est un ensemble équilibré et performant. Les clichés sont détaillés, l'exposition bien gérée et les couleurs naturelles. Le capteur principal se montre même très à l'aise en basse lumière, avec une montée en ISO bien maîtrisée qui limite le bruit numérique. Même si l'on peut regretter l'absence d'un troisième objectif, la prestation globale est plus séduisante que celle de son concurrent.

En proposant un duo de capteurs plus moderne et performant, le Razr 60 Ultra surpasse nettement un Z Flip7 qui se repose trop sur ses lauriers. Point pour Motorola. Samsung Galaxy Z Flip7 (2 - 2) Motorola Razr 60 Ultra.

Autonomie : l'endurance pour les deux, la vitesse pour un seul

Les deux pliants affichent une endurance remarquable. Le Z Flip7, avec sa batterie de 4300 mAh, a tenu 22h03 sur notre test de lecture vidéo en 4K. De son côté, le Razr 60 Ultra et sa batterie de 4700 mAh fait à peine mieux avec 22h37. Au quotidien, les deux appareils sont capables de tenir une bonne journée d'utilisation. Ils font donc jeu égal sur le plan de l'endurance pure.

Le Samsung Galaxy Z Flip7
Le Samsung Galaxy Z Flip7 © Labo Capital

La différence se fait sur la recharge. Samsung reste fidèle à ses habitudes et bride la puissance de charge du Flip7 à un petit 25W. Il faut ainsi patienter 87 longues minutes pour une charge complète. Motorola fait bien mieux avec une charge rapide de 68W. Même si notre test a pris 77 minutes pour atteindre les 100%, la montée est bien plus rapide au début : 50% de batterie récupérée en 33 minutes, contre 30 minutes pour le Samsung. Cet avantage est crucial pour regagner rapidement de l'autonomie avant de sortir.

Le Motorola Razr 60 Ultra
Le Motorola Razr 60 Ultra © Labo Capital

Avec une endurance similaire mais une vitesse de charge bien supérieure, le Motorola Razr 60 Ultra remporte la manche de l'autonomie. Samsung Galaxy Z Flip7 (2 - 3) Motorola Razr 60 Ultra.

Réparabilité et suivi logiciel : la durabilité a un prix

Sur le papier, le Motorola Razr 60 Ultra obtient une bonne note d'indice de réparabilité de 8/10. Dans le détail, c'est moins rose : le démontage des pièces les plus fragiles est jugé difficile. Mais le véritable point noir, le défaut qui vient tout gâcher, c'est son suivi logiciel. Motorola ne promet que trois versions majeures d'Android et quatre ans de mises à jour de sécurité. Pour un smartphone premium, c'est tout simplement inacceptable et cela grève lourdement sa durée de vie potentielle.

Le Samsung Galaxy Z Flip7 obtient une note de réparabilité moins flatteuse (classé C), mais il se rattrape de la plus belle des manières sur le logiciel. La marque s'engage à fournir sept ans de mises à jour, tant pour les versions d'Android que pour les correctifs de sécurité. C'est un gage de longévité, de sécurité et de maintien de la valeur de l'appareil dans le temps. Sur ce critère devenu essentiel, il n'y a pas de comparaison possible.

Avec sa politique de mise à jour exemplaire, le Samsung Galaxy Z Flip7 écrase son concurrent et assure à ses utilisateurs une tranquillité d'esprit sur le très long terme. Le point est pour Samsung. Samsung Galaxy Z Flip7 (3 - 3) Motorola Razr 60 Ultra.

Rapport qualité/prix : la raison contre la passion

Le Samsung Galaxy Z Flip7 est lancé à partir de 1199 euros, tandis que le Motorola Razr 60 Ultra est positionné 100 euros plus cher, à 1299 euros. Le mobile de Motorola est donc plus onéreux, et ce, malgré des défauts majeurs comme sa tendance à la surchauffe et surtout sa politique de suivi logiciel famélique.

Le Z Flip7, bien que moins bon sur certains points techniques comme la photo ou la vitesse de charge, se présente comme un produit plus équilibré, plus stable et surtout infiniment plus durable grâce à son support logiciel de sept ans. Pour 100 euros de moins, il offre une proposition de valeur plus cohérente et un investissement plus pérenne. L’écart de prix, même faible, penche en faveur du smartphone le plus fiable sur la durée.

Plus abordable et bien plus pérenne, le Samsung Galaxy Z Flip7 offre un meilleur rapport qualité/prix et remporte cette manche décisive. Samsung Galaxy Z Flip7 (4 - 3) Motorola Razr 60 Ultra.

Verdict : le Samsung Galaxy Z Flip7 l'emporte sur le fil

Au terme de ce duel, le Samsung Galaxy Z Flip7 s'impose sur le score de 4 à 3. Le Motorola Razr 60 Ultra avait pourtant de sérieux atouts pour l'emporter : ses écrans sont excellents, son module photo est plus convaincant et sa charge rapide est un vrai plus. Il aurait pu être le meilleur smartphone à clapet du marché. Malheureusement, il se tire une balle dans le pied avec une gestion thermique moyenne et, surtout, une politique de mises à jour logicielles indigne d'un appareil à ce prix.

Le Galaxy Z Flip7 n'est pas exempt de tout reproche. Son évolution est timide, son volet photo stagne et sa charge lente commence à faire tache. Mais il propose un ensemble d'une cohérence redoutable. Stable, élégant et profitant d'un suivi logiciel qui lui assure une belle longévité, il représente l’achat de la raison. C'est un produit plus mature et un investissement plus sûr. Si le Razr 60 Ultra séduira les amateurs de fiches techniques pures, le Z Flip7 reste le choix le plus sage et le plus équilibré pour qui cherche un excellent smartphone pliant à clapet capable de traverser les années.

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