
Si vous êtes en ce moment en vacances, vous avez peut-être fait l'amère expérience d'un passage en caisse plus onéreux que dans votre supermarché habituel. A plus forte raison si vous passez vos congés sur le littoral. Les données de l’institut A3 Distrib, publiées en avril et relayées ce 13 août par RMC Conso, confirment en effet de fortes disparités : avec un indice de prix fixé à 106,7 (moyenne nationale = 100), les Alpes-Maritimes figurent parmi les départements les plus chers de France, suivis de près par les Bouches-du-Rhône, l'Aude et les Pyrénées-Orientales.
Mais qui dit mer ne dit pas forcément prix plus élevés. Car certaines destinations maritimes affichent des prix inférieurs à la moyenne, comme les Côtes-d’Armor (96,8) ou la Vendée (97). Ces écarts ne s'expliquent pas seulement par la présence de touristes, mais aussi par le coût local du foncier. Sur la Côte d'Azur, les loyers commerciaux élevés renchérissent l'exploitation des magasins. Même chose en région parisienne, dans les grandes métropoles ou en montagne. Les enseignes de proximité, plus nombreuses dans ces zones, pratiquent également des tarifs supérieurs.
La Bretagne, championne des prix bas
A l'inverse, la façade atlantique et la Bretagne tirent leur épingle du jeu... et les consommateurs peuvent souffler. Les prix y sont contenus grâce à une forte concurrence entre trois grands réseaux indépendants : Leclerc, Intermarché et Système U. Ce modèle permet une flexibilité commerciale accrue et favorise des promotions bienvenues. Dans le Morbihan, une comparaison effectuée par le journaliste Olivier Dauvers entre un Leclerc situé dans les terres et un autre en bord de mer a montré que les prix restaient quasiment identiques, à un ou deux centimes près.
Mais cela ne met pas fin aux soupçons d'«inflation saisonnière». Dans certaines communes balnéaires, des hausses ponctuelles apparaissent chaque été. A Antibes, un magasin U Express a ainsi été pointé pour avoir relevé ses prix au cœur de la saison. Une pratique observée dès 2012 par l’UFC-Que Choisir, qui avait constaté que plusieurs supermarchés littoraux augmentaient opportunément leurs tarifs en août pour maximiser leurs marges estivales.
Des marges d'été pour compenser l'hiver
Ces ajustements temporaires sont souvent justifiés par les enseignes comme un moyen de maintenir leur rentabilité annuelle. Dans certaines zones touristiques du sud, la saison estivale représente l'essentiel du chiffre d'affaires et sans cette manne, certains magasins devraient réduire leur activité, voire fermer pendant l'hiver. Reste que pour le consommateur, la différence se ressent immédiatement et que le budget alimentation en vacances peut vite dépasser les prévisions. Mieux vaut donc anticiper et, si possible, comparer les prix entre plusieurs enseignes. Sur certaines plages de l'Atlantique, cela peut valoir quelques euros d'économie… sur la Côte d’Azur, ce sera peut-être mission impossible.



















