C’est une mauvaise habitude prise par de nombreux Français. Selon une récente enquête de la fondation Vinci Autoroute, un Français sur trois jette ses déchets sur la voie publique, quand ils sont un sur cinq à le faire par la fenêtre lorsqu’ils sont au volant. Un réflexe loin d’être anodin qui a de lourdes conséquences puisque, selon Plantoscope, ces déchets pèsent pas loin de 81 000 tonnes chaque année, soit près de 60 kilos par seconde déversés dans la nature.

Alors que la saison estivale bat son plein, ce moment peut donner lieu à des balades, voire à des pique-niques en pleine nature. Et nombreux sont ceux à se laisser tenter de laisser sur le sol leurs noyaux de fruits ou leurs épluchures en se disant que ces déchets vont se dégrader et pourquoi pas laisser place à de nouveaux fruits. Pourtant, comme le rapporte RMC Conso, l’abandon ou le dépôt sauvage de déchets sur la voie publique est strictement interdit. Qu’il s’agisse de déchets plastiques, de mégots de cigarettes, de déchets ménagers, électroniques, de chantier ou encore d’objets encombrants (meubles, matelas, électroménagers), en cas d’abandon, vous vous exposez à une amende de 135 euros ou de 375 euros en cas de majoration, voire jusqu’à 750 euros dans le cas où vous ne payez pas. De plus, comme le rapporte le site Service-Public.fr, dans le cas où vous êtes amené à utiliser un véhicule pour transporter les déchets jetés en pleine nature, l’amende peut grimper jusqu’à 1 500 euros à laquelle peut s’ajouter des peines complémentaires comme la confiscation de votre véhicule ou la suspension de votre permis de conduire.

Risque pour les animaux et l’environnement

S’ils n’échappent pas à la règle, les déchets organiques ou les épluchures de fruits, contrairement à des idées reçues, ne se dégradent pas aussi rapidement que ce que l’on pourrait penser dans la nature. En effet, laissé en pleine nature, un trognon de pomme peut mettre jusqu’à cinq mois pour totalement disparaître, tandis qu’une peau de banane ou une pelure d’orange peut mettre jusqu’à huit mois, voire même des années en raison de leurs peaux fibreuses. Mais ce n’est pas tout, l’idée de jeter un noyau à même le sol en espérant donner naissance à de nouveaux fruits est totalement fausse. La plupart des pépins et noyaux n’ont en effet que très peu de chance de germer car ils ne supporteraient pas les premières gelées ou pourraient donner lieu à des espèces hybrides dans le cas où ils passeraient cette première étape.

Autre conséquence et pas des moindres, ces déchets alimentaires peuvent être consommés par des animaux sauvages avec de graves conséquences à la clé. Ces derniers peuvent être mal ingérés, perturber le métabolisme ou le système digestif de certaines espèces, voire entraîner leur mort. Les animaux domestiques ne sont d’ailleurs pas non plus épargnés. En balade, les chiens peuvent par exemple être amenés à tomber sur un noyau qu’ils ingurgitent jusqu’à leur provoquer des obstructions intestinales. Qu’il s’agisse de noyau de cerise, de pêche ou d’abricot, ces derniers contiennent également de l’amygdaline, une substance toxique et potentiellement mortelle chez les canidés. Enfin, l’abandon de ce type de déchets peut avoir des conséquences sur l’environnement. Par exemple, une peau de banane jetée dans un ruisseau ou un lac peut libérer des substances nuisibles à l’environnement en plus des animaux qui vivent autour. Elle peut également affecter la qualité de l’eau, et par ricochet impacter la santé humaine. Sèche, elle peut aussi s’enflammer facilement et donc augmenter le risque d’incendies.