
C’est un nouveau pan de la criminalité qui était encore inconnu il y a quelques mois : les rapts liés aux cryptomonnaies. Alors que ce business s’est développé et que de nombreux investisseurs possèdent des portefeuilles bien fournis, les enlèvements et séquestrations se sont multipliés, avec comme point d’orgue celui du cofondateur de Ledger, David Balland, en janvier 2025. S’en sont suivies de nombreuses affaires, comme l’enlèvement du père d'un entrepreneur français ayant fait fortune dans le secteur en mai dernier, un autre en plein Paris, etc. A chaque fois, des réseaux bien organisés et renseignés sur leurs victimes.
Et le début de l’année 2026 n’a pas calmé les ardeurs des malfrats avec deux enlèvements et séquestrations en Isère, le père d’un détenteur de cryptomonnaies ainsi qu’une magistrate et sa mère. De quoi interpeller une nouvelle fois le célèbre investisseur Eric Larchevêque. Celui qui est le deuxième cofondateur de Ledger, mais également de la plateforme The bitcoin society qui conçoit et commercialise des portefeuilles en cryptomonnaies, était interrogé sur RTL et n’hésite pas à dénoncer un «problème français».
Eric Larchevêque placé sous protection
S’il assure qu’il ne s’agit pas «d’une exception française», il remarque qu’il y a bien «une concentration de cette criminalité en France et ça continue» alors que «ce n'est pas lié à la crypto en particulier». Toutefois, en regardant les statistiques, le constat est clair, déplore Eric Larchevêque : «Depuis début 2026, 80% des attaques sont en France.» De quoi créer une «véritable psychose», dénonce l‘investisseur : «Il y a vraiment un nombre anormalement élevé de séquestrations et d'enlèvements.»
Alors que «la situation ne cesse d'empirer», remarque-t-il, des «équipes en France continuent de se relayer pour monter ce type d'affaires», ce qui fait aujourd’hui qu’il doit être placé sous protection avec sa famille. Pourquoi ? Car désormais, les malfrats visent les proches des investisseurs et pas forcément eux en premier lieu. «Dans ce type d'affaires, ce n'est pas la personne qui travaille dans les cryptoactifs, mais les parents, proches, femme, enfants, qui doivent être protégés», martèle-t-il, tout en précisant qu’il n’est pas le seul à être dans ce cas.
Une vingtaine d’affaires depuis fin 2025
«On ne vit pas et on ne dort pas. C'est une charge mentale très difficile», fustige Eric Larchevêque qui réclame des mesures en urgence. Dans la plupart des cas, les commanditaires se situent à l’étranger et «recrutent des soldats et des criminels» via des messageries afin de mener à bien les enlèvements. Ils montent ensuite «des cellules terroristes, pour exécuter toute la partie logistique et enlèvement», précise l’homme d’affaires, qui évoque des réseaux criminels déjà existants. Selon RTL, depuis fin 2025, une vingtaine d’affaires de kidnappings a déjà eu lieu. Mais les têtes de réseau ne sont pas toujours retrouvées.




















