Des chiffres qui donnent le tournis. Lancée il y a plus de 15 ans, la ligne à grande vitesse entre Londres et Birmingham, baptisée High Speed 2, est «un gâchis épouvantable», selon la ministre britannique des Transports. Le projet de ce TGV anglais a pris près de dix ans, avec 29 milliards d'euros de surcoûts pour un total de 72 milliards. Pour la Commission des comptes publics, il s’agit d’un «exemple type de mauvaise gestion d'un grand projet». «Je ne vois aucun moyen de faire circuler les trains d'ici 2033 comme prévu», confie, quant à elle, la secrétaire d’Etat aux Transports Heidi Alexander.

Ce projet ferroviaire est l’un des plus chers au monde par kilomètre. En effet, selon les évaluations de Transit Costs Project (TCP) ajustées par l'inflation, publiées par le Financial Times, et relayées par BFM TV, High Speed 2 a coûté plus de 500 millions de dollars (30 millions en France) par kilomètre, un record absolu. Cela représente 100 millions de dollars de plus que la ligne Shinkansen japonaise entre Tokyo et Nagoya qui a été la plus chère à construire pendant longtemps.

Le gouvernement essaie de convaincre les parties prenantes de revoir à la baisse leurs contrats

«Les entreprises ont signé d'énormes contrats au prix coûtant majoré, où elles sont rémunérées en fonction d'un pourcentage de la valeur totale des travaux. Ce système les a incitées à dépasser les budgets et à gagner plus d'argent à mesure que les dépenses augmentent», explique un rapport rédigé par James Stewart, ancien directeur général d'Infrastructure UK. Ainsi, certains ouvrages d'art ont fait exploser le budget, comme le tunnel de Sheephouse Wood, d'un coût de 137 millions d’euros.

De plus, dans le but d’avoir la ligne la plus rectiligne possible, l'administration a dû dédommager des propriétaires fonciers, collectivités et défenseurs de l’environnement. Par exemple, 288 000 euros ont été versés pour l'isolation d'une église ou 577 000 euros pour un nouveau parc. Aujourd’hui, le gouvernement essaie de revoir le budget et de convaincre les parties prenantes de revoir à la baisse leurs contrats.