
Un véritable coup dur pour les voyageurs du Massif central. Dans la journée du jeudi 27 novembre, la SNCF a annoncé le lancement de la liaison TGV Ouigo Lyon-Bordeaux pour 2027. Sur cette ligne, des arrêts seront prévus à Massy en Ile-de-France, Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême. Elle contribuera ainsi à augmenter de 30 % l'offre de liaisons low cost de la compagnie (Ouigo) d'ici 2030. Mais cette annonce ne plaît guère au président de l'agglomération du Grand Guéret, Eric Correia, invité de Franceinfo.
Elle est «absolument catastrophique pour nous», reconnaît celui qui estime que les voyageurs du Massif central sont déjà lésés par la SNCF. «Il n'y a aucune volonté politique pour désenclaver d'un point de vue ferroviaire nos territoires», déplore Eric Correia. «A l'heure où l'on invite parfois les élus à des colloques sur les nouvelles mobilités décarbonées de demain, on est condamnés de plus en plus à la voiture, et la SNCF privilégie encore une fois le TGV, la grande vitesse, au détriment du train du quotidien et des usagers du quotidien», ajoute-t-il.
Une partie du territoire délaissée
Selon lui, la responsabilité est partagée entre l’Etat et la SNCF. «La ligne Bordeaux-Lyon, qui passait avant par le Massif central, était une ligne de train d'équilibre du territoire, elle a été supprimée sous le quinquennat de François Hollande», rappelle dans un premier temps le président de l’agglomération du Grand Guéret, avant de pointer du doigt l’entreprise ferroviaire : «Il y a aussi une responsabilité de la SNCF qui, depuis vingt ans, n'a fait que privilégier les grandes vitesses dans ses investissements, avec parfois des partenariats public-privé qui coûtent très très cher».
« On n'intéresse personne car, commercialement parlant, on n'est pas rentables. C'est ça la France aujourd'hui : ce n'est pas rentable donc on s'en fout », regrette Eric Correia, n’hésitant pas à utiliser le célèbre surnom de « diagonale du vide » donné à la bande de terre d'environ 1 500 km qui traverse la France du Nord-Est au Sud-Ouest en passant par le Massif central. « Quand on parle d'aménagement du territoire c'est plutôt un déménagement », conclut-il.

















