C’est une période noire pour Anne Hidalgo. Après des révélations sur ses notes de frais par Mediapart, la maire de Paris fait face à de nouvelles découvertes du média, relayées par Le Point, qui concernent cette fois-ci les moyens utilisés pour ses nombreux voyages. Selon le site, la maire voyagerait très fréquemment en classe business lorsqu’elle prend l’avion. Au total, elle aurait voyagé une vingtaine de fois hors des frontières, pour se rendre aux États-Unis, en Belgique, en Mauritanie, ou encore au Maroc.

De son côté, la maire et son entourage justifient ces voyages à l'étranger par des critères de sécurité. Mais cette explication ne semble pas cohérente, si on la confronte aux engagements de la mairie de Paris pour réaliser des économies. Par ailleurs, la déontologue de la Mairie de Paris déclarait pourtant en 2017 qu’Anne Hidalgo ne voyageait «pas en première classe».

Plus de 219 000 euros de déplacements

Cette situation peut notamment s’expliquer par une décision d’Anne Hidalgo de 2023. Cette année-là, la maire de Paris a fait adopter une règle selon laquelle le premier adjoint accorde au maire le droit de voyager à titre exceptionnel, et non pas le conseil municipal, comme dans les autres villes. Une règle qui lui permet une plus grande liberté concernant ses choix de voyages.

C’est donc Patrick Bloche qui valide les déplacements d’Anne Hidalgo. Et en dehors de lui, seuls quelques conseillers sont au courant des raisons de ces déplacements. Les autres conseillers prennent connaissance de ces voyages après coup, lors du Conseil de Paris, où ils sont évoqués, ainsi que leurs durées et leurs coûts. Mais le 8 septembre dernier, l’association Transparence Citoyenne a exprimé dans une lettre son étonnement concernant ce processus, qui crée une exception pour la maire de Paris. Selon l’association, la maire de Paris aurait réalisé 79 déplacements depuis le début de l’année 2020, pour un montant de 219 064 euros. Et ce montant aurait été consacré à 97% à des voyages hors frontières. Dans sa lettre, que Le Point s’est procurée, l’association demande à la mairie de Paris d’expliquer les justifications à ces voyages, et rappelle que si ces dépenses se révélaient illégales, le tribunal administratif pourrait en effet réclamer le remboursement des frais pris en charge par la Ville. Mais deux mois après cette lettre, l’association n’a obtenu aucune réponse.