Boeing veut voir «le bout du tunnel». L’avionneur américain, qui a connu de nombreux déboires en 2024 notamment sur plusieurs de ses appareils à travers le monde, et qui a échappé à un premier procès au civil aux Etats-Unis lié au crash d’un 737 Max 8, semble en effet retrouver des couleurs depuis le début de l’année. Fort de trois dernières grosses commandes au mois de mars, Boeing entrevoit une meilleure année en 2025. Mais son passé le rattrape et son nouveau patron, Kelly Ortberg, a été entendu devant une commission au Sénat mercredi 2 avril.

Arrivé l’été dernier aux commandes de l’avionneur, Kelly Ortberg a reconnu «de graves faux pas ces dernières années» en matière de sécurité, relaye BFMTV, quelque chose qui est «inacceptable». Il avait envoyé le contenu de sa déclaration aux 160 000 employés. Le patron annonce que «de vastes changements» ont été entrepris «au niveau des équipes, des processus et de la structure d’ensemble du groupe».

Rétablir la confiance dans la sécurité

Pour le patron de Boeing, il faut rétablir la confiance et ces changements doivent traduire l’engagement du groupe «envers la sécurité de nos produits et de nos services». Cependant, la transformation de la société va «nécessiter du temps et des actions». Concernant les deux crashs des 737 Max opérés par la compagnie indonésienne Lion Air (2018) et l’Ethiopienne, Ethiopian Airlines (2019), qui avaient causé la mort de 346 passagers, le patron de Boeing avait prévu de s’excuser.

Présents au Sénat américain, des familles de victimes ont demandé à ce que les responsables de l’époque soient tenus criminellement responsables, indique NPR. Selon Kelly Ortberg, Boeing est en discussions avec le ministère de la Justice dans l’espoir d’obtenir un accord révisé pour résoudre cette accusation de fraude criminelle. Le logiciel antidécrochage MCAS a contribué à ces accidents, a confirmé l’avionneur.

1,8 million d’emplois aux Etats-Unis

L’été dernier, l’entreprise avait accepté de plaider coupable aux charges de fraude criminelle, en réglant une amende de 243 millions de dollars et 455 millions supplémentaires pour de nouveaux programmes de conformité et de sécurité. Mais un juge fédéral a rejeté l’accord au mois de décembre. L’incident de l'avion 737 Max 9 d’Alaska Airlines, avec une porte qui s’était détachée en plein vol, avait mis en exergue les problèmes de Boeing. Soutenant 1,8 million d'emplois aux Etats-Unis, Boeing a fixé quatre axes pour gérer les risques en termes de sécurité, dont la culture de sûreté et de sécurité, la simplification des processus et des procédures et renforcement, la formation des employés et la réduction des défauts.

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