L’ultimatum est passé et l’objectif n’est pas atteint. Selon franceinfo, les associations de défense des droits des malvoyants passent donc à l’offensive. Plusieurs d’entre elles, comme Droit pluriel, Intérêt à agir ou encore apiDV, pointent du doigt le manque d’accessibilité des sites et applications de grandes enseignes de la distribution, dont Auchan, Carrefour, Leclerc et Picard. Fin juin 2025, une directive imposant aux entreprises de rendre leurs services numériques accessibles à tous est entrée en vigueur. Mais le délai, qui était fixé au 1er septembre, est maintenant expiré, et les améliorations qui étaient attendues ne sont pas au rendez-vous. Alors, si rien ne change, les associations lanceront des procédures judiciaires.

Pour les personnes concernées, les difficultés sont concrètes au quotidien. La présidente de l’association Droit pluriel, Anne-Sarah Kertudo, explique son impossibilité à terminer ses courses en ligne, à cause de la fonction panier qui n’est pas adaptée. Sur son téléphone paramétré en mode vocal, le processus bloque à une étape régulièrement, car l’écran gèle ou le paiement échoue, ce qui réduit l’effort du client à néant. «On ne peut pas, de manière autonome, faire ses courses et se débrouiller seul», déplore-t-elle.

«Vous n’êtes pas des clients crédibles»

Le problème de fond, c’est le sentiment d’exclusion qui résulte de ces échecs quotidiens. «Il y a une façon de nous dire : vous n’existez pas, vous ne comptez pas, vous n’êtes pas des clients crédibles, légitimes», dénonce Anne-Sarah Kertudo. De leur côté, les enseignes avancent leurs propres chiffres. Par exemple, Carrefour se vante d’atteindre 71% d’accessibilité, 56% pour Picard. Mais ces résultats sont jugés insuffisants par les associations.

Faute de réponse de la part de ces enseignes, les associations pourraient donc se rendre aux tribunaux pour améliorer l’accessibilité de leurs interfaces. Elles rappellent d’ailleurs qu’elles ont déjà obtenu gain de cause, notamment en 2022 lorsqu’elles ont contraint les éditeurs de logiciels de vie scolaire comme Pronote à améliorer leur accessibilité. En 2024, l’État avait d’ailleurs été condamné pour inaction.