
Après avoir accordé près de 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour éviter la censure parlementaire, le gouvernement compense ces mesures par des coupes dans les réserves des ministères et des économies chez les opérateurs publics, notamment ceux liés au programme France 2030. Hors Défense, l’ensemble des ministères voit ses crédits réduits d’environ 1,5 milliard d’euros, indiquent Les Echos. Seule la Défense bénéficie d'une augmentation, avec un budget en progression de 6,7 milliards d’euros.
Parmi les plus impactés, le ministère de l’Ecologie perd 250 millions d’euros, le ministère du Travail 200 millions, tandis que la Recherche et la Justice voient leurs crédits diminuer de 100 millions chacun. Ces coupes, mises en œuvre plus tôt que d’habitude, permettent selon Bercy de préserver le fonctionnement quotidien des ministères, qui disposent encore de 6,3 milliards d’euros en réserve pour les imprévus. Les opérateurs de France 2030, tels que l’Anah, l’Ademe ou Bpifrance, subiront une coupe de 1,1 milliard d’euros, que le gouvernement estime absorbable grâce à leurs trésoreries importantes.
Des secteurs clés soutenus
France Télévisions est également concernée, avec une réduction de ses crédits de 15 millions, portant la baisse totale de l’audiovisuel public à 85 millions d’euros. Malgré ces coupes, plusieurs secteurs prioritaires bénéficient de financements renforcés. La prime d’activité est relevée pour un coût de 1,5 milliard d’euros, les aides au logement s’élèvent à 250 millions, et l’enseignement supérieur ainsi que la recherche reçoivent 234 millions. La mission Santé bénéficie de 215 millions, tandis que 100 millions sont consacrés à l’agriculture pour des mesures d’urgence, comme l’arrachage viticole ou la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse. La culture n’est pas oubliée avec 44 millions, notamment pour renforcer la sécurité des musées.
Au total, ces arbitrages permettent de contenir la hausse des dépenses publiques à 0,8% hors inflation, contre 1,7% en 2025, et de réduire légèrement le poids des dépenses dans le PIB à 56,6%, malgré l’augmentation des budgets de la Défense et de la charge de la dette.


















