
Et une dépense supplémentaire à ajouter au budget 2026. Dimanche 13 juillet, Emmanuel Macron prononçait son traditionnel discours aux armées. A cette occasion, le président de la République a annoncé son intention de doubler le budget militaire d’ici 2027. Concrètement, cela se traduira par une hausse des dépenses de 3,5 milliards d’euros en 2026, suivie de 3 milliards supplémentaires en 2027. Le tout en trouvant 43,8 milliards d’économies pour le budget 2026.
Le Premier ministre l’a rappelé, chaque année les dépenses publiques de la France sont plus élevées que ses recettes. Rien qu’en 2024, les recettes étaient de 1 501,6 milliards d’euros, tandis que le montant global des dépenses était de 1 670,2 milliards d’euros. Le solde, négatif, était alors de 168,6 milliards d’euros. Face à ce problème budgétaire de grande ampleur, le Premier ministre a tenté d’apporter une réponse ce mardi 15 juillet, avenue de Ségur, lors de son «moment de vérité». Deux plans y ont été détaillés par le maire de Pau, le premier : «Stop à la dette» et le second : «En avant la production».
Les annonces à retenir du discours de François Bayrou
Après des semaines d’hypothèses, de tergiversations économiques, d’annonces d’austérité... François Bayrou a donc enfin dévoilé ses deux plans budgétaires devant un panel de ministres et journalistes pour résorber le déficit. Fin mai, le Premier ministre demandait «un effort à tous les Français», une sollicitation renouvelée en ce lendemain de fête nationale «face à l’ampleur de l’enjeu». «Malédiction», «survie», «danger mortel»… le champ lexical employé ne laisse plus de place à la célébration. Toutefois, cette contribution collective devra être «supportable par tous».
Les mesures annoncées par le Premier ministre ne sont que des orientations. Le projet de loi de finances (le fameux PLF) qui organise les recettes et les dépenses de l'État pour 2026 sera déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le premier mardi d’octobre 2025. Suivra ensuite l’examen parlementaire du texte sur une période de près de trois mois, d’octobre à la mi-décembre. «Toutes les idées seront examinées», prévient le chef du gouvernement.
Les coupes budgétaires toucheront l’Etat et ses fonctionnaires
Ce n’est pas une surprise : début juillet, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, appelait déjà à réaliser des économies sur la masse salariale de la fonction publique. Selon une circulaire, la rémunération des 5,8 millions d’agents publics a coûté 107 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 6,7 % par rapport à l’année précédente. L’Etat va donc devoir stabiliser ses dépenses.
Comprenez que l’Etat ne devra pas dépenser plus en 2026 qu’en 2025, excepté les dépenses liées à la dette et le budget des armées. «Tous les ministères seront solidaires», a expliqué François Bayrou. Cela touchera également les postes de fonctionnaires, 3 000 postes seront concernés (excepté les postes de professeurs créés dans le cadre de la réforme des enseignants). Cela passera notamment par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois lors d’un départ à la retraite à compter de 2027. A aussi été annoncée la réorganisation des opérateurs de l’Etat, notamment via des «réinternalisations ou des fusions», ainsi 1 000 à 1 500 emplois seront supprimés en 2026 et certaines agences seront même supprimées.
Pas de revalorisation des prestations sociales et des pensions de retraite
Voilà plusieurs semaines que l’expression revient, celle de l’année blanche. Pour rappel, cette mesure prévoit que certaines dépenses du budget seraient reconduites à l’identique, sans réévaluation en fonction de l’inflation. On parle alors de gel budgétaire. Mais puisque les prix continuent d’augmenter, ne pas s’aligner sur l’inflation revient naturellement à diminuer le budget. «Cet effort sera temporaire» et concernera l’ensemble des prestations sociales, «sans exception», a annoncé François Bayrou. Les barèmes de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG) seront aussi maintenus à leur niveau de 2025. Alors que la Banque de France anticipe une inflation de 1,3 % en 2025, l'Institut des politiques publiques (IPP) estimait en juin dernier que 3,2 % des ménages subiraient une baisse de niveau de vie d’au moins 1 % en cas d'année blanche.
Ainsi, comme l’affirme l’homme politique, les retraites ne seront pas réduites, mais elles ne seront pas non plus augmentées. Autrement dit, elles ne seront pas indexées sur l’inflation. Ce gel s’inscrit dans une logique d’«efforts exigeants» permettant de contenir la dépense publique à hauteur de 7 milliards d’euros. D’après l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), institut français de recherche économique, le gel des pensions de retraite «porterait une grande part de l’effort budgétaire», soit 3,7 milliards d’euros. L'observatoire ajoute également que ce sont «les ménages les plus modestes qui verraient leur revenu le plus réduit» par ce gel budgétaire. En effet, d'après les calculs de l'OFCE, «les 5% de ménages les plus modestes perdraient ainsi près de 1% de revenu disponible comparativement à une situation de revalorisation usuelle».
Contribution pour les revenus des plus aisés
Chasse aux niches fiscales, contributions de solidarité pour les hauts revenus… Les pistes pour faire des économies toucheront tous les Français. Le premier ministre souhaite ainsi demander un «effort particulier à ceux qui ont la capacité de contribuer davantage, soit parce qu’ils bénéficient d’un certain nombre d’avantages fiscaux, soit parce que leurs capacités leur permettraient de prendre une plus grande part de la solidarité». Ces mesures devraient donc se concentrer sur les ménages les plus aisés et les grandes entreprises.
Toutefois, le centriste dit ne pas vouloir «toucher les petites retraites et les retraites moyennes. Nous allons créer un forfait annuel, ce qui permettra d’avantager les petites retraites, de garantir un pouvoir d’achat inchangé aux retraites moyennes et de remettre dans le droit commun les retraites les plus importantes » a-t-il évoqué.
La santé sera aussi mise à contribution
Parmi les rabotages prioritaires, le gouvernement espère économiser cinq milliards d’euros dès 2026 en coupant certaines dépenses de santé. Cela passera notamment la fin de «la dérive des arrêts maladie». Selon les chiffres avancés par le gouvernement, la moitié des arrêts de plus de 18 mois contrôlés (soit 50 %) ne seraient plus médicalement justifiés. «Ce n’est pas acceptable dans un pays comme le nôtre, dans une période comme celle que nous vivons», a-t-il justifié, pointant une dérive jugée coûteuse et difficilement soutenable pour les finances du pays.


















