A la veille de la reprise des discussions sur le budget 2026 à l’Assemblée nationale, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a lancé un appel aux parlementaires pour stabiliser les finances publiques et éviter de «jouer avec l’impôt». «La sagesse est d’arrêter de jouer avec l’impôt. La créativité fiscale dans les joutes parlementaires, fût-elle virtuelle, a un effet très réel et négatif sur le moral des entrepreneurs», a-t-il averti ce lundi 12 janvier lors de ses vœux à Paris selon l'AFP.

Alors que le Parlement reste plus que jamais divisé sur les questions de fiscalité, François Villeroy de Galhau plaide pour un double objectif : «D’abord et surtout, stabiliser les dépenses en volume, qui sont en France les plus élevées non seulement d’Europe, mais du monde. Et du côté des recettes, notre pays peut et doit rendre l’impôt à la fois plus stable et plus juste». Il estime que «ramener notre déficit public total à 5% du PIB au maximum en 2026 est à la fois indispensable, et encore atteignable».

Pas de hausse des taux en vue

S’exprimant également sur la politique monétaire, le gouverneur défend le maintien de la stabilité pour 2026. «On ne change pas une politique monétaire qui gagne», a-t-il affirmé, tout en dénonçant «deux idées fausses». D’une part, ceux qui jugent trop restrictive la politique de la Banque centrale européenne. Elle est, selon lui, «plus accommodante» que celle de son homologue américaine, la Fed. D’autre part, l’idée qu’un relèvement des taux pourrait intervenir cette année : «sauf choc improbable, c’est une théorie fantaisiste», a-t-il assuré.

Enfin, François Villeroy de Galhau a exprimé son soutien à Jerome Powell, le président de la Fed, dont l’indépendance est critiquée par Donald Trump : «Sur la Fed, et vous avez vu les événements des derniers jours, je tiens à redire fort et clair ma totale solidarité et mon admiration pour Jay Powell, modèle d’intégrité et d’engagement pour l’intérêt public».