En cette période compliquée, on dirait bien que le niveau général de tolérance a fondu à toute vitesse, tout comme notre patience. Face à une pandémie dont on ne voit pas la fin, avec des restrictions sans cesse prolongées, l’incertitude s’installe et grandit. "De quoi créer de la frustration, avec son corollaire : l’agressivité", constate Adrien Chignard, psychologue du travail et des organisations, fondateur du cabinet Sens & cohérence. Résultat : dans les gares, les passagers s’énervent contre les agents chargés du contrôle du passe sanitaire. Au téléphone, les usagers des administrations ont l’insulte facile.

Dans les magasins, certains clients font des scandales parce qu’au lieu de les rembourser on leur propose des avoirs, "alors même que la politique commerciale de l’enseigne n’a pas changé depuis vingt-cinq ans", ajoute le psy. Pour lui, tout se passe comme si on ne tolérait plus aucune forme de frustration. "La moindre remarque ressemble à un mégot mal éteint jeté dans le maquis corse en plein mois d’août : tout peut s’embraser !" Et déboucher sur un conflit.

"Le mot, qui nous vient du latin, est dérivé de “confligere”, composé du préfixe “con” (ensemble) et de “fligere” (heurter, frapper)", explique Julien Pélabère, fondateur de l’Institut de négociation et de recherche appliquée (Nera). Le conflit, c’est donc le fait de se heurter l’un l’autre, aussi bien dans une dimension physique (guerre, violence…) que du point de vue des idées. "Le conflit porte sur un désaccord : qu’il soit exprimé et on parlera de conflit chaud, qu’il soit non exprimé, latent, et on évoquera un conflit froid."

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