Le casse du siècle. Le Louvre, musée le plus visité du monde, a été la cible d’un spectaculaire cambriolage ce dimanche 19 octobre au matin. Huit bijoux historiques, «d’une valeur inestimable», ont été dérobés dans la galerie d’Apollon, un haut lieu de la collection des Joyaux de la Couronne de France. Parmi eux : un diadème, des colliers et des boucles d’oreilles portés par des figures emblématiques de l’histoire française. Selon les premières informations, les cambrioleurs ont agi en plein jour, au vu du public, à l’aide d’un camion équipé d’un monte-charge.

Une fois la nacelle déployée, ils ont pu accéder rapidement au premier étage du musée du Louvre, où se trouve la célèbre galerie d’Apollon. Là, ils se sont attaqués à deux vitrines pourtant réputées inviolables, contenant certaines des pièces les plus précieuses du patrimoine français. En à peine sept minutes, les malfaiteurs ont réussi à s’emparer de huit bijoux exceptionnels avant de prendre la fuite. Le butin est d’autant plus impressionnant qu’il s’agit de pièces uniques liées à l’histoire des grandes dynasties françaises.

La couronne de l’impératrice Eugénie retrouvée endommagée

Selon les informations du Parisien, les objets volés incluent : le diadème de la parure de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense, orné d’un saphir de Ceylan et d’un diamant ; un collier et une boucle d’oreille appartenant à la même parure royale ; un collier et une paire de boucles d’oreilles en émeraudes, offerts par Napoléon Ier à sa seconde épouse Marie-Louise en 1810 ; une broche dite «reliquaire» ; un diadème et un grand nœud de corsage ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

En revanche, la couronne de l’impératrice Eugénie, également ciblée par les voleurs, a été retrouvée abandonnée non loin du musée, endommagée mais avec son écrin. Composée de plus de 1 300 diamants et 56 émeraudes, elle symbolise à elle seule le faste du Second Empire. Bien plus que de simples objets de valeur, ces bijoux du XIXe siècle sont des témoins précieux de l’histoire de France. Classés, rigoureusement identifiés et inscrits au patrimoine national, ils incarnent un héritage culturel d’exception. Le ministère de la Culture les décrit comme des pièces «d’une valeur patrimoniale inestimable».

La revente des bijoux impossible dans leur état actuel

Et pour cause : à cette dimension historique s’ajoute une valeur pécuniaire considérable. Ces joyaux royaux uniques sont sertis de milliers de pierres précieuses — diamants, émeraudes, saphirs — enchâssés dans de l’or pour un total de 465 carats. Mais malgré cette richesse apparente, les experts sont unanimes : il est impossible de revendre ces pièces dans leur état actuel.

«Une vente éventuelle ne se ferait qu’au détriment d’une casse», explique Maître Alexandre Giquello, commissaire-priseur et président de la Maison Drouot, interrogé par BFMTV. «On casserait les pièces pour les dessertir, fondre les métaux précieux et retailler éventuellement les pièces», précise-t-il. Mais cette opération de démontage n’est pas seulement longue et délicate, elle nécessite des complicités, un savoir-faire technique, des outils spécialisés, et surtout, elle anéantit la valeur historique de ces pièces. Une fois les bijoux désossés, leur prestige disparaît — et avec lui, l’essentiel de leur valeur.

Ce spectaculaire cambriolage soulève de nombreuses questions sur la sécurité du Louvre, pourtant réputée comme l’une des plus strictes au monde. Une enquête a été ouverte, et les autorités examinent désormais l’ensemble du dispositif de surveillance du musée. La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a indiqué ce dimanche soir sur BFMTV que quatre individus étaient activement recherchés dans le cadre de l’enquête. De son côté, le président de la République Emmanuel Macron a réagi sur son compte X, condamnant fermement le cambriolage : «Le vol commis au Louvre est une atteinte à un patrimoine que nous chérissons, car il est notre Histoire», a-t-il écrit dans la soirée de ce dimanche.