D’après des travaux publiés jeudi 8 janvier dans les revues BMJ et Nature communications, relayés par Le Parisien, un lien pourrait être établi entre la consommation d’additifs «conservateurs» dans les aliments transformés et préparés, et le risque augmenté de cancer et de diabète, selon des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Utilisés pour mieux conserver les aliments, ces additifs sont très largement répandus dans les produits de notre quotidien.

Dans cette étude, l’Inserm affirme que 700 000 produits contiennent ces conservateurs, parmi les trois millions et demi d’aliments et de boissons répertoriés par l’Open Food Facts Worlds en 2024, soit un produit sur cinq. Les produits concernés par cette présence d’additifs sont de toutes sortes : sauces, charcuteries, chips, certains yaourts aux fruits, salades et plats préparés… Sur les étiquettes, ces substances sont visibles par leurs codes, allant de E200 à E299 pour les conservateurs et de E300 à E399 pour les antioxydants. Et ils sont tous devenus incontournables dans les supermarchés. Mais quels sont les effets à long terme sur notre santé ?

Des risques mis en évidence grâce à un suivi

Les chercheurs se sont appuyés sur la cohorte Nutri-Net, qui suit depuis 2009 plus de 100 000 adultes français. Régulièrement, ces consommateurs déclarent leurs habitudes de vie, leur alimentation, et leur état de santé. Et au sein de cette cohorte, au fil du temps, plus de 4 200 cancers et 1 131 cas de diabète ont été recensés, et «17 substances ont pu être analysées individuellement en lien avec les pathologies étudiées». L’étude permet alors d’analyser les liens de ces maladies à l’exposition à certains de ces additifs.

Douze d’entre eux sont associés maintenant à une augmentation des risques de diabète et de cancer, dans le cas d’une consommation élevée, et parmi eux les sulfites et les nitrites. L’autre information marquante de ces travaux, c’est que des substances perçues comme «plus naturelles» comme les extraits de romarin ou l’acide citrique sont aussi associés à un risque augmenté de diabète. Pour la chercheuse à l'Inserm Mathilde Touvier, c’est en fait la transformation industrielle de ces produits qui modifierait la manière dont notre organisme les assimile. Pour rappel, une consommation dite «importante» peut être l’équivalent de quelques nuggets par jour, d’une canette de soda par jour ou de plats préparés réguliers. Pour éviter ce genre de risques, l’Inserm conseille donc de se diriger en priorité vers les aliments bruts et les préparations maison, mais aussi vers les produits à listes d’ingrédients courtes.