Une rentrée sociale sous haute tension. Le 10 septembre, un collectif citoyen appelle à une mobilisation de grande ampleur pour dire stop à la résignation. Déclencheur de la colère : la présentation du budget 2026 par le Premier ministre, le 15 juillet. «Ce mouvement est né parce qu’on en a marre. Marre de voir (François) Bayrou détruire ce qu’il reste de justice et de solidarité. Assez des coupes, assez des sacrifices toujours imposés aux mêmes, assez de l’austérité qui écrase les gens pendant que les puissants continuent tranquilles», dénoncent les organisateurs sur leur blog.

Le collectif, qui se veut apolitique, vise l'arrêt total du pays. Pour y parvenir trois mots d'ordre : boycott, désobéissance et solidarité. Plusieurs actions sont déjà annoncées. Retirer son argent des grandes banques, ne plus acheter dans les grandes surfaces, cesser de travailler… «Le but n’est pas de bloquer pour bloquer, mais de montrer qu’on peut vivre autrement, et qu’on refuse de participer à leur logique de destruction sociale», précisent les organisateurs.

Une mobilisation susceptible de durer, à l’image de celle des «gilets jaunes» ?

D’autres leviers de mécontentement seront utilisés : blocages d’administrations ou dépôts de carburant, barrages routiers, manifestations ou encore grèves. Plusieurs rassemblements ont déjà été annoncés dans des métropoles comme Rennes, Nantes ou Saint-Denis. Les nombreux points de mobilisation feront l'objet de mises à jour régulières sur une carte dédiée. Le collectif dit vouloir «privilégier des actions pacifiques».

Sept ans plus tard, le mouvement n’est pas sans rappeler la mobilisation des «gilets jaunes», née de la hausse des taxes sur les carburants. D’après L’Humanité, les organisateurs se décrivent «comme un collectif sans étiquette politique d’une vingtaine de personnes liées à certains groupes de "gilets jaunes"», dont le climat social semble avoir rallumé la flamme.

Certains anciens du mouvement ont d’ailleurs repartagé l’appel au blocage du pays le 10 septembre. Difficile de prédire si cette nouvelle gronde connaîtra la même longévité. De son côté, l’entourage du ministre de l’Intérieur affirme «surveiller de près (le mouvement)», rapporte BFMTV.