Alors que l’économie française traverse une période compliquée en raison du conflit au Moyen-Orient, mais aussi du chômage repassé au-dessus de la barre symbolique des 8 % en mai, le ministre de l’Économie Roland Lescure refuse de céder au «pessimisme exagéré». Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, le ministre assure qu’il n’y a «aucun déni» du gouvernement concernant la situation économique du pays.

En effet, plusieurs éléments pourraient alimenter la thèse d’une très mauvaise passe pour la France : la croissance nulle au premier trimestre 2026 selon l’Insee, tandis qu’elle était prévue à 0,2 %, la guerre au Moyen-Orient qui pèse sur l’inflation et sur le pouvoir d’achat des Français, ou encore le retour de l’inflation en raison d’une hausse des prix de l’énergie. Concrètement, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % en avril sur un an, après 1,7 % en mars. Le chômage lui, est à la hausse, et s’établit à 8,1 % au premier trimestre, soit le plus haut niveau sur les cinq dernières années.

Un «choc exogène» qui met la France sous pression

Malgré tous ces éléments, Roland Lescure appelle à garder de l’optimisme sur l’avenir et sur la situation actuelle. Selon lui, ce sont des «facteurs exceptionnels» qui expliquent le ralentissement de l’économie française, comme un ralentissement des livraisons d’avions chez Airbus, ou encore un hiver doux qui a réduit la consommation d’énergie. «Nous sommes mis à l’épreuve par un choc exogène», explique également Roland Lescure, en désignant les conséquences du conflit au Moyen-Orient et les perturbations sur le marché pétrolier mondial.

Mais le ministre affirme qu’il croit à une résilience française. Pour cela, il s’appuie sur la diversification des approvisionnements en carburants, notamment aux États-Unis, pour limiter sa dépendance aux zones instables. Et concernant la croissance, le ministre de l’Économie se veut rassurant. «Le consensus des économistes pour 2026 se situe aujourd’hui à 0,8 % de croissance, ce qui reste très proche de notre prévision, qui s’élevait à 0,9 %», a assuré Roland Lescure.