
C’est la bonne nouvelle, plutôt inattendue, du début d’année alors que Sébastien Lecornu vient d’actionner l’article 49.3 pour la troisième fois en vue de l’adoption définitive du budget 2026. Selon les chiffres dévoilés par l’Insee, même si le produit intérieur brut (PIB) a ralenti au quatrième trimestre, la croissance a atteint 0,9% sur l’ensemble de l’année 2025, après une hausse de 0,2% au quatrième trimestre. Une première estimation supérieure aux prévisions du gouvernement, même si les dépenses de consommation des ménages français en biens ont baissé en décembre de 0,6%.
De quoi ravir le ministre de l’Economie. Invité de la matinale de TF1, Roland Lescure a salué ces chiffres. «C’est une bonne nouvelle, la croissance est robuste. C’est meilleur que ce j’attendais», a-t-il réagi quelques minutes après l’annonce de l’Insee. «J'attendais 0,7, on a 0,9. Les entreprises ont été au rendez-vous et donc je les remercie, elles ont exporté et investi en 2025», a-t-il poursuivi, estimant par ailleurs que c’était «un bon départ pour 2026».
Une croissance attendue sur les deux premiers trimestres de 202
Roland Lescure a espéré ensuite qu’en 2026 «on fera au moins le 1% qu’on attend et pourquoi pas une bonne nouvelle dans un an». Et de poursuivre : «On est bien partis pour 2026, on a un budget qui s’assoit sur une prévision de croissance qui est aujourd’hui crédibilisée par les chiffres de l’Insee.» Il y a une semaine, le locataire de Bercy se félicitait déjà de «résultats économiques encourageants». Dans le détail, la consommation des ménages s’est accélérée au quatrième trimestre (+0,4%), souligne Le Monde.
Mais globalement, comme l’a laissé entendre le ministre de l’Economie, l’économie en 2025 repose davantage sur les entreprises que sur la consommation des ménages. D’autant que, dans le même temps, l’épargne des Français atteint presque 19% de leur revenu disponible. La croissance va-t-elle se poursuivre ? L’Insee prévoit une hausse de 0,3 point pour les deux premiers trimestres. Reste que même si le budget 2026 risque d’être adopté, il ne répondra pas à tous les problèmes, car la baisse du déficit public, espérée à 4,7%, devrait finalement se limiter au moins à 5%.
«Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit, de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique», a martelé la première présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby. Reconnaissant que «cette période de transition (était) un peu atypique», la magistrate a alerté sur l’état des finances publiques françaises qui «contraignent les marges d’action» et rappelé : «Un État trop endetté est un État asphyxié.»



















