Le sort de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises reste suspendu aux équilibres budgétaires futurs. Interrogé le 3 février sur RMC et BFMTV, Roland Lescure n'a pas voulu promettre la suppression de cette surtaxe à l'horizon 2027. «Non, je ne peux pas vous dire ça», a répondu le ministre de l'Economie, rappelant que toute décision dépendrait «d'un équilibre global et d'un budget global qu'il va falloir négocier». Créée dans le cadre du budget 2025 et reconduite pour 2026, cette contribution vise environ 300 entreprises réalisant au moins 1,5 milliard d'euros de chiffre d’affaires et doit rapporter environ 7,3 milliards d'euros cette année.

Ce flou est en décalage avec les engagements initiaux pris par l'exécutif, la suppression de la surtaxe ayant un temps été envisagée dès 2026. Mais, depuis, le contexte budgétaire s'est durci. La réduction du déficit public est redevenue prioritaire, avec l'objectif de repasser sous les 3 % en 2029, ce qui rend toute perte de recettes délicate à compenser. Dans ce cadre, renoncer à plusieurs milliards d'euros supposerait des économies d'ampleur, difficiles à acter sans majorité stable à l'Assemblée et à l'approche de la présidentielle. Cette équation alimente l'inquiétude des chefs d'entreprises, déjà vent debout contre un budget qu'ils jugent instable.

Le ministre de l'économie assure être «pour les entreprises»

Depuis des semaines, les critiques se multiplient. Patrick Martin, président du Medef, déplorait en janvier dans Les Echos que «les entrepreneurs soient systématiquement la variable d'ajustement». Bernard Arnault accusait pour sa part le gouvernement de vouloir «taxer au maximum» les entreprises, tandis que le collectif «Trop c’est trop» fustigeait un budget «démagogique» dans La Tribune dimanche. Face à cette fronde, Roland Lescure a tenu à défendre sa ligne. «Evidemment je souhaite qu'on limite les prélèvements sur les entreprises, je suis ministre de l'Economie et des Finances, mais je souhaite aussi qu'on continue à réduire les déficits», a-t-il affirmé, assurant être «pour les entreprises».