
C'est un risque qu'il est prêt à prendre par pure conscience écologique, à l'instar de ces grands chefs qui ont choisi de bannir la viande de leurs menus : Nicolas Conraux, directeur (et chef étoilé) de l'hôtel-restaurant La Butte, à Plouider (Finistère), va se passer de piscine et de hammam, au risque de dissuader les éventuels clients fortunés, principales cibles de l'établissement quatre étoiles, d'y réserver des nuitées. Comme le précise Le Parisien, La Butte est le premier établissement de luxe en France à se lancer dans cette démarche. Nicolas Conraux résume sa décision en peu de mots : pour lui, il s'agit de «faire bouger les choses».
Avec son épouse Solène, Nicolas Conraux gère depuis 2007 cet hôtel-restaurant érigé en 1952. Et ceux qui le connaissent bien ne sont pas étonnés par cette décision, qui correspond en effet aux valeurs écoresponsables affichées par le couple. «Ce choix n’est pas anodin, confirme Nicolas Conraux. C’est pour nous une question de cohérence. En cuisine, qui est mon premier métier, j’essaie de rester au plus proche du territoire, de ses produits et de ses saisons. Je fais très attention à toutes mes eaux d’alimentation». Détenteur de plusieurs labels écoresponsables, le chef ajoute : «Dans cette même volonté de faire bouger les lignes, je ne vois pas pourquoi, dans ce même endroit, on continuerait à se baigner dans une eau chlorée et chauffée à 32 degrés ! D’autant qu’on a la mer juste à côté…»
«N'en déplaise aux climatosceptiques : l'avenir est là!»
La Butte, malgré l'absence de hammam et de piscine, reste généreuse en activités : «On propose toujours le sauna, des baignades avec combi si besoin sur de super plages à 5 minutes de chez nous, des gommages au sel de mer et des soins aux algues récoltées localement. On propose tout simplement de se reconnecter au patrimoine naturel de la région, tout en respectant ses ressources.» explique Nicolas Conraux. Taxés par de nombreux internautes d'«écolo-bobos» ou accusés de vouloir le buzz «ou juste des économies», Nicolas et Solène admettent : «C’est un peu blessant, car nous n’avons pas commencé ces démarches écoresponsables hier !» Mais ils tiennent bon : «On essaie de montrer qu’on peut s’alimenter autrement, et profiter de ses vacances ou de soins autrement, et donc penser les lieux d’accueil touristiques autrement. N’en déplaise aux climatosceptiques : l'avenir est là !»


















