Cap vers l’Italie ! Il est tout juste 19 heures ce lundi 2 juin, lorsque le plus grand cinq-mâts du monde lève l’ancre, dans le port de Marseille, au son de la musique du film «1492 : Christophe Colomb», comme si son équipage lui aussi rêvait de conquérir de nouvelles terres. Le vent n’a pas encore fait claquer ses voiles qu'on trinque déjà sur le pont, au bord de la piscine. «Bienvenue à bord du “Club Med 2” !», lance Adrien Gailhac, le chef de village, tandis que ses G.O. (gentils organisateurs) en blazer marine et pantalon blanc se dispersent au milieu des passagers, bouteille en main, pour remplir les coupes. Ici, en soirée, le champagne est gratuit, à volonté.

Question de standing. Le Club Med vient de dépenser 16 millions d’euros pour rénover son yacht. Ses 2 700 mètres carrés de ponts en teck ont été refaits, de nouvelles voiles ont été hissées, ses bars repensés, son grand salon réaménagé et 30 de ses quelque 184 cabines ont été agrandies en suites de 36 mètres carrés, pour y caser une deuxième salle de bains. De quoi arborer dignement le label Exclusive Collection, qui sacre le plus haut niveau de prestations du pionnier des clubs de vacances «tout compris». Même le ski nautique est inclus dans l’addition, encore plus salée que la Grande Bleue : comptez 3 700 euros pour deux personnes et trois nuits dans une suite, avec son majordome qui fait la chambre deux fois par jour.

Deux décennies de transformations

Le voilier illustre la montée en gamme déployée par Henri Giscard d’Estaing depuis qu’il est arrivé à la barre du Club Med, en 2003. Le fils de l’ancien président aura mis plus de vingt ans à concrétiser ce pari, en achevant seulement l’an passé de convertir en version luxe (Exclusive Collection et Premium, un cran en dessous) ses 68 clubs de vacances. Mais aujourd’hui, il récolte enfin les fruits de cette fastidieuse mue. En 2024, son groupe a même réalisé un chiffre d’affaires record de plus de 2 milliards d’euros (+ 5,5%) assorti d’un résultat d’exploitation d’une centaine de millions d’euros.

Avant d’en arriver là, le Club a fait évoluer sa clientèle. Exit Jean-Claude Dusse, sympathique glandu des «Bronzés». Et bienvenue à Nicole, fidèle G.M. (gentille membre) et fortunée octogénaire qui a fait du voilier du Club Med sa résidence secondaire. «L’an dernier, cette dame a passé huit mois à bord», confie, presque ému, un G.O. Un petit plaisir qui valut tout à la fois à cette chenue célibataire de profiter de l'air marin et d’alléger son compte en banque de 180 000 euros. Dans ses villages, le Club accueille aussi des familles, ses «petites tribus», comme les appellent les G.O. Point commun de ces vacanciers venus s’en fourrer jusque-là, darla dirla dada ? Des revenus de cadres sup’ à six chiffres.

4,5 milliards d'euros investis dans la montée en gamme de son parc

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