Face à la menace que représente la Russie et aux avertissements de Donald Trump, l’Europe prend des mesures. Mardi 4 mars, la Commission européenne a présenté un plan ambitieux visant à réarmer le continent. «L'Europe fait face à un danger clair et immédiat d'une ampleur qu'aucun d'entre nous n'a connue dans sa vie d'adulte», a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans une lettre adressée aux dirigeants des 27 Etats membres. «L'avenir d'une Ukraine libre et souveraine, d'une Europe en sécurité et prospère, est en jeu», a-t-elle ajouté, en introduisant un plan structuré autour de cinq volets pour renforcer la défense de l’Union.

Intitulé «Rearm UE», ce plan vise à mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros en dépenses d’armement afin de bâtir une union plus sûre et résiliente. Le premier pilier de ce programme prévoit la mise à disposition de 150 milliards d’euros sous forme de prêts pour aider les Etats membres à accroître leurs capacités militaires. Ces fonds cibleront en priorité les domaines jugés critiques, tels que la défense anti-aérienne, les missiles, les drones, les systèmes anti-drones ou encore les systèmes d’artillerie.

Augmenter les dépenses militaires

Ursula von der Leyen a également exprimé son intention de soutenir une hausse significative des dépenses de défense des Etats membres, sans que cela n’entre en contradiction avec les règles budgétaires de l’Union, notamment la limite de déficit public fixée à 3% du PIB. «Cela permettra aux États membres d'augmenter de manière significative leurs dépenses de défense sans déclencher la procédure de déficit excessif», a-t-elle précisé.

Cette souplesse budgétaire s’appliquerait notamment aux prêts inclus dans l’enveloppe de 150 milliards d’euros. Par ailleurs, la Commission envisage de puiser dans les fonds de cohésion — destinés aux régions les plus défavorisées — pour soutenir des projets liés à la défense. Ces fonds, qui s’élèvent à 392 milliards d’euros sur la période 2021-2027, pourraient être partiellement réorientés, bien que la présidente de la Commission n’ait pas encore précisé les montants qui seraient consacrés à ces investissements.

Mobiliser les financements publics et privés

Ursula von der Leyen souhaite également faciliter l’accès à la Banque européenne d’investissement (BEI) pour financer des projets de défense. Actuellement, la BEI ne peut pas financer directement des initiatives relevant de ce secteur. Enfin, le plan prévoit un engagement accru du secteur privé afin de renforcer les capacités de défense européennes.

L’ensemble de ces mesures pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros. Ce plan sera discuté par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne lors d’un sommet extraordinaire prévu à Bruxelles.