
Si un récent sondage indique que 61 % des Français seraient favorables au rétablissement du service militaire, Emmanuel Macron a balayé cette hypothèse dans un entretien à Sud Ouest le 15 mars. «On n’a plus la base, plus la logistique. […] Revenir en arrière n’est absolument pas un schéma réaliste à court terme», a-t-il expliqué, rappelant que l’armée française est aujourd’hui entièrement professionnalisée.
Contrairement à l’Allemagne ou à la Belgique, qui débattent d’un éventuel retour à la conscription, la France a supprimé le service militaire en 1995. Son rétablissement nécessiterait des infrastructures et des moyens considérables, incompatibles avec les priorités actuelles des forces armées, focalisées sur l’opérationnel et le renforcement des capacités militaires.
Un SNU revu et corrigé
Plutôt qu’un service militaire obligatoire, Emmanuel Macron mise sur une refonte du Service National Universel, destiné aux jeunes de 15 à 17 ans. «J’aurai, dans les prochaines semaines, à annoncer une refonte de ce dispositif pour qu’il corresponde aux besoins de la nation», a-t-il précisé.
L’objectif serait de donner aux jeunes une expérience plus utile à la défense et à la sécurité, sans pour autant bouleverser l’organisation actuelle des armées. L’idée d’un «service militaire volontaire», défendue notamment par Édouard Philippe, pourrait inspirer cette réforme : un dispositif facultatif permettant à environ 50 000 jeunes par an de recevoir une formation militaire et civique.
Un engagement encadré plutôt qu’une obligation
Ce nouveau modèle permettrait d’étoffer la réserve militaire et de sensibiliser les jeunes aux enjeux stratégiques, tout en évitant les contraintes logistiques et budgétaires d’une conscription généralisée. Pour le gouvernement, il s’agit d’impliquer la jeunesse dans un effort de défense nationale sans remettre en cause le modèle professionnel des armées.
En parallèle, la priorité immédiate reste le réarmement de la France. Emmanuel Macron a insisté sur l’accélération des productions militaires – avions Rafale, canons Caesar, missiles – et sur une coopération européenne renforcée pour garantir la souveraineté stratégique du continent.


















