
Washington ne cache plus ses ambitions. Les Etats-Unis, sous l'impulsion de Donald Trump, manifestent un intérêt croissant pour le Groenland. Cette île, territoire autonome du Danemark, est convoitée pour ses ressources naturelles abondantes et sa position stratégique dans l'Arctique. Récemment, cette ambition américaine s'est intensifiée, provoquant des tensions diplomatiques avec le Danemark et suscitant des réactions fermes de la part des autorités danoises et groenlandaises.
En décembre 2024, le président Donald Trump a réitéré son souhait d'acquérir le Groenland, qualifiant cette démarche de «nécessité absolue» pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Cette déclaration fait suite à une proposition similaire formulée lors de son premier mandat en 2019, qui avait été rejetée par le Danemark. Pour appuyer cette ambition, le vice-président américain J. D. Vance s'est rendu fin mars 2025 à la base militaire américaine de Pituffik, située au nord du Groenland. Lors de cette visite, Vance a critiqué le Danemark pour son prétendu manque d'investissement dans la sécurité de l'île et a affirmé que le Groenland serait mieux protégé sous la tutelle américaine, rapporte The Guardian.
Ces initiatives américaines ont été vigoureusement contestées par la Première ministre danoise, Mette Frederiksen. Lors d'une conférence de presse tenue début avril 2025 à Nuuk, la capitale groenlandaise, Mette Frederiksen a déclaré : «Vous ne pouvez pas annexer un autre pays.» Elle a souligné que de telles actions menacent la souveraineté du Danemark et pourraient avoir des répercussions sur l'alliance transatlantique. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a également exprimé son opposition, affirmant que les Groenlandais rejettent massivement l'idée d'une tutelle américaine. Un sondage réalisé en janvier 2025 indique que seulement 6% des Groenlandais soutiennent une telle initiative.
Le Groenland, un trésor de ressources très convoité
L'intérêt des Etats-Unis pour le Groenland s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, l'île possède des réserves significatives de ressources naturelles, notamment des terres rares, du pétrole et du gaz, qui suscitent la convoitise des grandes puissances. D'autre part, sa position géographique est cruciale pour la surveillance et le contrôle des routes maritimes de l'Arctique, particulièrement à une époque où la fonte des glaces ouvre de nouvelles voies navigables. Le vice-président américain J. D. Vance a souligné que le contrôle du Groenland est essentiel pour contrer les influences croissantes de la Chine et de la Russie dans la région.
L'offensive américaine a provoqué des remous diplomatiques, non seulement avec le Danemark et le Groenland, mais aussi au sein de la communauté internationale. La France et l'Allemagne ont exprimé leur soutien au Danemark, réaffirmant l'importance du respect de la souveraineté nationale et des alliances historiques. De son côté, la Russie suit de près l'évolution de la situation, consciente des implications stratégiques dans l'Arctique.
Alors que les tensions persistent, l'avenir des relations entre les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland demeure incertain. Les Groenlandais, tout en aspirant à une plus grande autonomie, restent majoritairement opposés à une intégration aux Etats-Unis. La communauté internationale appelle au respect des normes internationales et à la préservation de la stabilité dans la région arctique.


















