
Une pluie de contrats. C'était tout l’objectif de la visite de Donald Trump dans les pays du Golfe. Après trois jours en Arabie saoudite, puis au Qatar et aux Emirats arabes unis, le président américain s’est vu promettre 1 400 milliards de dollars d’investissements sur dix ans par le président émirien, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, notamment dans les domaines de l’énergie, des technologies avancées ou encore de l’intelligence artificielle (IA).
La veille, mercredi 14 mai, la Maison Blanche a annoncé des accords pour un montant total de 200 milliards de dollars dont une commande de 14,5 milliards de dollars pour Boeing et GE Aerospace ainsi que la participation du géant des hydrocarbures émirati ADNOC dans un projet de 60 milliards de dollars aux Etats-Unis. Selon la Maison Blanche, les Emirats et les Etats-Unis ont également signé un accord sur l'IA, un domaine dans lequel le pays du Golfe cherche à s'imposer en s'assurant un accès aux technologies américaines de pointe. Le président américain a qualifié sa tournée d'«historique» en affirmant qu'elle pourrait «rapporter, au total, 3 500 à 4 000 milliards de dollars en seulement quatre ou cinq jours».
Des contrats de plusieurs milliards de dollars conclus avec l'Arabie saoudite
Donald Trump a été reçu en grande pompe mardi 13 mai par le prince d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Son avion a été escorté par plusieurs appareils de combat F-15 saoudien à son arrivée sur le sol de la riche monarchie pétrolière et gazière. Accompagné par les principaux membres de son cabinet et de certains grands patrons américains sans oublier son fidèle conseiller, Elon Musk, Donald Trump s’est rendu à un forum économique qui se déroule dans la capitale saoudienne, Ryad.
Mardi, dans un communiqué, la Maison Blanche a vanté un contrat de ventes d’armes de 142 milliards de dollars passé avec l’Arabie saoudite à l'occasion de la visite du chef d’Etat. Il s’agirait, selon Washington, du contrat le «plus important de l’histoire». Il doit permettre à la monarchie saoudienne de se procurer «des équipements militaires de pointe auprès d’une douzaine d’entreprises de défense américaines», a précisé la Maison Blanche. La défense aérienne, les missiles, la sécurité maritime et les systèmes de communication sont particulièrement concernés. Ce contrat s'inscrit dans le cadre d’une promesse d’investissement formulée en janvier 2025. Mohammed ben Salmane s’était alors engagé à investir 600 milliards de dollars aux Etats-Unis. Donald Trump avait immédiatement annoncé que la somme serait arrondie à «1 000 milliards».
Autre contrat : la société saoudienne DataVolt a promis 20 milliards de dollars pour construire des infrastructures liées à l’intelligence artificielle aux Etats-Unis, a également annoncé Washington. L’entreprise devrait poursuivre «ses projets d’investissement à hauteur de 20 milliards de dollars dans des centres de données et des infrastructures énergétiques liés à l’IA», a précisé la Maison Blanche. Cette dernière a aussi évoqué des contrats technologiques d'un montant total de 80 milliards de dollars, impliquant Google, les éditeurs de logiciels Oracle et Salesforce, ou le géant des semi-conducteurs AMD.
Donald Trump travaille les relations entre les Etats-Unis et les pays du Golfe
Si l'on excepte un aller-retour à Rome pour les funérailles du pape François, il s'agit du premier déplacement majeur à l'étranger depuis le début du second mandat. Huit ans plus tôt, Donald Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage international. La décision de faire passer à nouveau les riches monarchies pétrolières et gazières du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant et leur immense potentiel économique.
Du côté des pays visités, l'enjeu était aussi de s'assurer le soutien d'un président impulsif, qui prône un désengagement militaire et stratégique des Etats-Unis, en dehors des environs géographiques immédiats de la première puissance mondiale. Mais le républicain, qui se flatte de maîtriser l'art du «deal» diplomatique autant qu'économique, a aussi abordé avec tous ses hôtes les grands sujets régionaux. Jeudi, au Qatar, Donald Trump a affirmé que Washington et Téhéran se rapprochaient d'un accord sur le nucléaire iranien, après quatre cycles de discussions menées entre les deux pays ces dernières semaines, faisant reculer les cours du pétrole.
En Arabie saoudite, il a créé la surprise en annonçant la levée des sanctions américaines visant la Syrie. Il a ensuite rencontré le président syrien Ahmed al-Charaa, ancien djihadiste qui a renversé Bachar al-Assad. Pour la bande de Gaza, le président américain a dit vouloir prendre le contrôle de ce territoire palestinien, ravagé par 19 mois de guerre, et en faire «une zone de liberté», ce à quoi le Hamas a rétorqué que Gaza n'était «pas à vendre».
Avant même d'avoir atterri dans le Golfe, Donald Trump s'est attiré de vives critiques de l'opposition aux Etats-Unis, qui lui reproche d'avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l'utiliser après son mandat. Le président américain a répliqué que l'avion était un «cadeau temporaire».



















