Emmanuel Macron a lancé un «appel aux jeunes filles» à s’engager vers les filières scientifiques, lundi 5 mai, à la Sorbonne. Le gouvernement veut lutter contre le manque de femmes dans les sciences. Mardi, Elisabeth Borne, à la tête de l’Education nationale, a fixé un objectif de 50% de filles dans la spécialité mathématiques en terminale d’ici 2030. Elles ne sont que 42% actuellement.

La ministre souhaite «renforcer la place des femmes dans les filières d’ingénieur et du numérique», a-t-elle indiqué dans une interview aux Echos parue le 6 mai. En effet, «il manque par an, plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens. Pour en augmenter le nombre, il faut attirer plus de filles», affirme Elisabeth Borne. «On ne veut pas moins de garçons. On veut juste plus de filles», assure-t-elle.

Le plan «filles et maths» de la ministre comprend huit piliers, dont le premier est de «former et sensibiliser» aux biais de genre et aux stéréotypes tous les professeurs dès la rentrée 2025, du primaire au lycée. Le décrochage des filles par rapport aux garçons en maths commence dès le CP. Cet écart de genre en sciences est l'un des plus forts de l'UE selon les études internationales.

5 000 lycéennes de plus par an avec la spécialité mathématiques

Le gouvernement prévoit aussi l'expérimentation de classes scientifiques à horaires aménagés en 4e et 3e, avec un objectif de 50% de filles dans chacune. «On va expérimenter dans cinq académies dès la rentrée» avant d'étendre le dispositif à la rentrée suivante, a promis l'ex-Première ministre, elle-même polytechnicienne.

Quant au bac, l'objectif global est que 30 000 filles de plus en 2030 choisissent la spécialité mathématiques en première et la conservent en terminale, soit 5 000 filles de plus par an dès la rentrée 2025. Aujourd’hui, 42% des filles suivent l'enseignement de cette spécialité en terminale, mais elles ne sont plus que 25% des étudiants qui intègrent des formations supérieures conduisant aux métiers d’ingénieurs et du numérique. Une proportion qui «stagne depuis 20 ans», précise le ministère. Le plan prévoit par ailleurs un «objectif» d'au moins 20% de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2026 et 30% en 2030. Le gouvernement avait déjà prévu l'instauration d'une épreuve de mathématiques anticipée en classe de première pour la prochaine année scolaire pour tenter de renforcer le niveau au lycée.